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Solennité de la Nativité 2016 - Jour - A

Fr Michel Lachenaud op

25 Décembre 2016

Jn 1,14

Cette nuit nous étions avec les bergers allant de leurs pâturages à la crèche où était l’enfant, le Sauveur, le fils de David dont la naissance accomplissait les Écritures. Dans la lumière du jour nous sommes invités à effectuer un passage, un déplacement. Il s’agit de passer de l’enfant Jésus couché dans la mangeoire, tellement attendrissant, tellement semblable à ce que nous pouvons connaître, au Tout autre, Celui qui est la source de toute chose, Celui qui a la vie en lui et qui n’a de cesse de nous la transmettre, et qui brûle de nouer avec nous, les hommes, une alliance indéfectible.
Le prologue de l’Évangile de Jean nous propose une autre lecture du mystère de Noël. Il ne s’agit pas seulement de la belle histoire d’un enfant qui naît, pas seulement d’un enfant qui nous est donné, mais cet enfant est sagesse de Dieu, il est la Parole de Dieu, il est le Fils de Dieu, il est Dieu lui-même.
Notre Dieu est Parole, tout au long de la Bible, Dieu est un Dieu qui parle, un Dieu qui est lui-même Parole et qui se donne à connaître de multiples manières (He 1, 1). Dieu alors ne cesse d’appeler son peuple à écouter, il sollicite chaque jour notre écoute. Il nous fait dresser l’oreille. Le disciple est celui qui est attentif : « heureux celui qui écoute la Parole de Dieu ». Il se laisse comprendre dans tout langage humain et chaque homme peut débuter un dialogue mystérieux dans le silence de sa conscience.
Mais « la Parole de Dieu est devenue un homme et elle a habité parmi nous ». Par ces mots, Jean ce matin nous fait entrer au cœur de la foi chrétienne. Dieu se révèle à travers la vie d’un homme Jésus de Nazareth. C’est à travers lui que nous connaissons le Père, « qui m’a vu a vu le Père ». Si la Parole s’est faite chair, c’est pour partager la vie des hommes. Dieu s’est fait petit enfant, fragile et vulnérable. Il a connu comme tout homme des joies et des peines, il a eu des moments d’émerveillement mais aussi de découragement ou d’emportement, finalement il est entré comme nous tous dans la mort. Cette vie, nous révèle le visage d’amour du Père, l’amour de celui qui part à la recherche de la brebis perdue, l’amour qui attend celui qui est égaré, l’amour qui se donne et se livre.
Il dépend de nous d’accueillir cette parole qui est Lumière et Vie, « lumière sur mes pas ta Parole ». Elle peut être accueillie ou refusée : « Il est venu chez les siens, mais ils ne l’ont pas reçu ; mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il leurs a donné le pouvoir de devenir Fils de Dieu ». En écoutant la Parole, en l’accueillant l’homme naît de nouveau, il est régénéré, transformé, il devient enfant de Dieu. Le défi de Noël c’est donc que notre vie se laisse toucher par cette venue de Dieu. Il s’agit comme dit Tauler « de mettre au monde l’autre Christ que nous sommes appelés à devenir, de faire advenir en nous un être nouveau ». La parole de Dieu, rosée venue d’en haut, veut que nous la laissions se déployer et pénétrer en nous pour qu’elle porte du fruit, « qu’elle puisse accomplir son œuvre et naître en nous, sans que nous y mettions d’obstacle ». Cette parole est semence elle a besoin d’être accueillie. Cette parole est nourriture elle a besoin d’être dévorée. Elle a besoin d’être écoutée dans le silence. C’est dans le silence qu’Elie a entendu Dieu, c’est dans le silence de la nuit que le Fils de Dieu devient l’un de nous. « C’est en écoutant et en se taisant que l’on va au-devant du Verbe »
En ce jour de Noël où Dieu vient visiter son peuple, que chacun de nous découvre qu’Il est bien plus présent dans nos vies qu’on ne le croit, que chacun de nous fasse l’expérience magnifique de sa proximité, de sa présence, de son amour.
Il est bien l’Emmanuel, Dieu avec nous.