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Solennité de la Nativité du Seigneur 2014 - Jour - B

Frère Michel Lacheneau op (Paris)

25 décembre 2014

« La Parole de Dieu est devenue un homme et elle a habité parmi nous » Jean 1, 1-18

Ce matin par ces mots nous entrons au cœur de la foi chrétienne. Paul dira de Jésus lui l’égal de Dieu, il s’est fait serviteur, il est devenu comme tous les hommes, et tous voyaient bien que c’était un homme. Oui, le mystère de Noël c’est que Dieu se révèle à travers la vie d’un homme Jésus de Nazareth. C’est à travers lui que nous connaissons le Père « qui m’a vu a vu le Père ». Dieu a voulu se faire connaître à travers l’existence d’un homme, depuis sa naissance à Bethléem jusqu’à sa mort à Jérusalem.
Si la Parole s’est faite chair, c’est d’abord pour se faire connaître des hommes. Par les patriarches et les prophètes, dans l’histoire d’un peuple Dieu a essayé de se faire entendre sur tous les tons, celui de la confidence ou de la colère mais les hommes n’ont pas entendu. Alors pour nous sauver et nous réconcilier avec lui, Dieu a pris le risque de dire toute sa Parole à travers la vie d’un homme : « Le Père a envoyé son Fils comme sauveur du monde » (1 Jn 4, 14). Enfermés dans les ténèbres nous avions besoin de la lumière, malades, il nous fallait un médecin, esclaves un libérateur, captifs un sauveur.
Si la Parole de Dieu s’est faite chair, c’est pour que nous connaissions l’amour de Dieu. En effet notre Dieu n’est pas un Dieu lointain, c’est un Père qui nous aime : « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16) L’amour ne peut seulement se dire, nous le savons bien les mots amoureux ne sont pas suffisants, il fallait que l’amour prenne chair pour se dire. Il est venu habiter notre humanité et nous avons pu le voir à l’œuvre. C’est l’amour de celui qui part à la recherche de ce qui est perdu, c’est l’amour qui attend celui qui est égaré, c’est l’amour qui se donne et se livre pour nous. Il devient le prochain de celui qui erre, de celle qui est perdue, il devient un homme pour être proche des hommes et se donner pour eux.
Si la Parole s’est faite chair, c’est donc pour partager la vie des hommes. Dieu s’est fait petit enfant, fragile, vulnérable. Il a grandi comme tout enfant, apprenant de ses parents et de son peuple à entrer dans l’héritage de ses ancêtres. Il a appris un métier auprès de Joseph « n’est-il pas le fils du charpentier ». Il a connu comme tout homme des joies et des peines, il a eu des moments de découragement ou d’emportement, finalement il est entré comme nous tous dans la mort. C’est donc avec confiance que nous pouvons nous adresser à lui, « car le grand prêtre que nous avons est capable de souffrir avec nous de nos faiblesses, comme nous il a été tenté en toutes choses. Approchons-nous donc près de lui, nous recevrons le pardon, nous trouverons son amour et ainsi il nous aidera au bon moment » ( Heb. 4, 15-16)
Si la Parole s’est faite chair, c’est pour être notre modèle de sainteté : « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne va au Père sans passer par moi ». Le Père sur la montagne de la transfiguration ordonne « écoutez-le ». Sa façon de vivre est une référence : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » « ayez entre vous les mêmes sentiments qui furent dans le Christ Jésus », nous n’avons plus désormais qu’un seul guide, le Christ Jésus.
Si la Parole s’est faite chair, c’est finalement pour nous rendre participants de la nature divine. En écoutant la Parole, en l’accueillant, l’homme naît de nouveau, il est régénéré, transformé, il devient enfant de Dieu. A quoi sert de célébrer cette naissance si elle ne se produit pas en chacun de nous. Tel est le mystère que nous célébrons : Dieu vient visiter son peuple. En ce jour de Noël que chacun de nous fasse l’expérience magnifique de la proximité de Dieu, de sa présence, de son amour.
Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous.