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Méditation du dimanche par une sœur de Chalais 2020-2021 B

 Qui donc est ce roi ?

Jean 18, 33-37

Solennité du Christ-Roi de l’Univers(B)
La fête du Christ Roi couronne l’année liturgique. Mais la figure royale est mal reçue aujourd’hui. Pour parler de la mission du Fils de l’homme, nous préférons dire qu’il sauve, aime et pardonne.
“Qui donc est ce roi de gloire ? C’est le Seigneur, le Dieu de l’univers” (Ps 23). Lorsque Jésus monte à Jérusalem vers le lieu de sa passion, Pilate lui pose une question : “Es-tu le roi des Juifs?” La réponse est sans appel : “Ma royauté n’est pas de ce monde”. Il n’est pas souverain en dominant comme les rois de la terre : pas d’arme ni de garde du corps. Dans son royaume, les petits sont les premiers servis. Le Seigneur de l’univers est un roi insulté, humilié avant d’être mis en croix, il meurt comme un bandit. Mais la croix n’est pas le dernier mot. Vient la lumière du matin de Pâques.
Dans la résurrection, le Père rend justice à son Fils bien aimé, condamné par les hommes, et à travers lui, à tous ceux et celles qui sont bafoués et rejetés. Le Seigneur de gloire est le roi des pauvres de la terre pour inaugurer un royaume de justice et de paix. Avec lui, mettons-nous en tenue de service.
Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne !

 

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Un monde nouveau…

Mc 13, 24-32

33 ème Dimanche du temps ordinaire (B)

A la fin de l’automne, au moment où toute la création semble s’endormir, l’Église nous donne à entendre des paroles qui nous parlent de fin du monde. Cela résonne sans doute particulièrement dans notre temps où nous avons le sentiment de vivre la fin d’un monde. Le réchauffement climatique ne nous fait-il pas craindre le pire ?
Mais est-ce vraiment de cela dont parle l’évangile de ce dimanche ?
Avec le Christ, fini l’alternance incessante de temps de détresse et de prospérité, le temps est orienté vers la Parousie, le jugement dernier,… Le mal a été vaincu une fois pour toutes par la mort et la résurrection du Christ. Et cela sera pleinement manifesté lors du retour du Christ.
Mais dès aujourd’hui, si nous gardons sa parole, si nous pratiquons la justice envers nos frères, nous participons à l’avènement d’un monde nouveau. Il s’agit de vivre tendu vers la Rencontre avec notre Seigneur en ayant à cœur d’accomplir son unique commandement : « nous aimer les uns les autres, comme il nous a aimés ». Saint Paul le dit autrement : « l’Amour ne passera pas (…) Ce qui demeure aujourd’hui c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. » Au travail !

 

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“La veuve”

Marc 12, 38-44.

32° Dimanche du temps ordinaire. Année B

Cette femme est pauvre, pauvre d’argent, pauvre de celui qu’elle aimait, pauvre de coeur. Jésus la voit. Lui aussi est pauvre, pauvre de soutien, pauvre de défenseur, pauvre de lui-même. Il la regarde. Ils sont proches, si proches.
Les riches sont devant. Ils ont les moyens. Le tronc résonne de leurs dons. Ils ont l’assurance des nantis. On les voit et on les entend.
La femme est derrière. Personne ne la voit, sauf Jésus. Ses piécettes ne font pas de bruit mais c’est tout ce qu’elle a pour vivre.
Elle donne sa vie.
Jésus va donner sa vie pour elle, pour nous.
Mettons-nous à genoux et prions en silence.

 

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TOUSSAINT 2021

Le croiriez-vous ?

Mt 5, 1-12a

En cette solennité, l’Église veut célébrer tous les saints.
N’est-ce pas gênant, alors que nos péchés nous montent à la gorge?
Au contraire, car si le mal déferle dans l’Église , le Christ n’en est pas moins Son Sauveur. Alors même que nous étions pêcheurs, Christ est mort pour nous.
C’est bien la preuve que Dieu nous aime.
Nous sommes purifiés dans le sang de l’agneau.
Oui le salut est donné par notre Dieu!
Ils sont une multitude, une foule immense à s’en émerveiller dans la gloire de Dieu. Si la barque de l’Église s’enfonce avec le péché des uns, elle avance avec la sainteté des autres.
Ils sont une multitude à nous tendre la main pour nous tirer vers le ciel et nous aider à ramer .
La tempête qui nous secoue, nous accule à nous appuyer sur le dessein de Dieu, qui veut que tous les hommes soient sauvés et qu’aucun ne se perde.
Plus que jamais,
croyons que le Vainqueur de la mort nous sauve tous ensemble.
Hosanna au plus haut des cieux!

 

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31ème dimanche TO – année B

Mc 12, 28b-34

Pourquoi le scribe qui dialogue avec Jésus n’est que proche du Royaume de Dieu ? il a pourtant tout bien répondu !
Peut-être est-ce parce que pour lui l’amour est resté un commandement de Dieu, pour lui il s’agit d’obéir à Dieu en l’aimant et en aimant son prochain.
Or, en Jésus, Dieu va plus loin, Dieu se révèle l’amour même !
Dieu est amour et qui vit dans l’amour vit en Dieu et Dieu en lui, dira saint Jean.
L’amour est un mystère dont nous n’aurons jamais fait le tour par une définition. Il est don de Dieu et Dieu lui-même se donnant à chaque homme.
Il s’agit de le recevoir comme don et d’en vivre, de mettre toute notre volonté à son service.
Alors nous aimerons Dieu, notre prochain et nous-mêmes comme Dieu aime, c’est à dire jusqu’à donner notre vie, jusqu’à la croix.
Beau et vaste programme qui reçoit, heureusement, en surabondance la grâce divine !

 

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Enfin la Lumière !

30ème Dimanche du TO B –

Mc 10, 46b-52

En ce 30ème Dimanche du temps ordinaire, l’Évangile de Marc nous mène aux portes de Jérusalem, à Jéricho. Jusque là c’était le temps du secret sur l’identité de Jésus, du moins pour les masses, mais ce temps est révolu.
Alors que la foule tente de faire taire l’aveugle qui hèle Jésus : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi !  » , Jésus ne refuse plus d’être appelé publiquement Fils de David et répond. La Lumière se manifeste enfin. «  Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. » Les yeux de Bartimée s’ouvrent confirmant que Jésus est bien le Messie. Il le voit de ses yeux. Il ne lui reste plus qu’à Le suivre.
En effet, Bartimée voit le visage du Messie ; il verra bientôt l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem ; mais c’est surtout au moment de la déréliction, de la mort et de la résurrection qu’il découvrira son vrai visage. Alors seulement il pourra, comme Pierre et les apôtres, le suivre en vérité. Il n’a pas fini d’en voir !
Et nous aujourd’hui en France, le Seigneur ne nous a-t-il pas ouvert les yeux ces derniers temps ? Entendons son appel à être renouvelés ensemble dans notre suite du Christ serviteur qui est mort et ressuscité pour le monde.

 

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“Pour nous”

Mc 10, 35-45

Nous entrons aujourd’hui dans la célébration du 29ème dimanche du temps ordinaire.
Jacques et Jean cherchent à se réserver les premières places dans le Royaume qui vient. Les autres apôtres s’indignent, évidemment. Mais de quoi ?
Jésus vient d’annoncer solennellement le destin qui l’attend : sa passion, sa mort, sa résurrection. La réaction de Jacques et Jean, les plus intimes d’entre les intimes, nous choque dans sa naïveté ; celle-ci est pourtant si commune… ce pourrait être la nôtre : « Maître, nous voulons que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander ! »
Cela n’ avait rien de bien méchant, puisqu’on n’y comprenait pas grand chose ; Jésus l’avait dit, tout finirait bien, grâce à Dieu. Alors, la bouche en cœur, ils n’hésitent pas à étaler en toute bonne foi l’égoïsme foncier de la nature humaine. « Nous voulons que tu fasses pour nous… » !
« Pour nous » ! Voilà les deux petits mots qui font scandale. Suivre le Christ, ce devrait être tout le contraire. Strictement. Donner sa vie. Ne rien garder pour soi. Peut-être aurait-il suffi de dire, avec tout son élan : « Seigneur, que veux-tu que nous fassions pour toi ? »

 

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« Qu’il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! »

28ème Dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 10, 17-31

« Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » « Qui peut être sauvé ? »
Deux questions qui, au fond, se ressemblent et disent quelque chose de la soif du salut qui habite tout homme. Jésus se laisse toucher par la profondeur de la quête de ses interlocuteurs. L’évangéliste st Marc souligne d’ailleurs le regard que Jésus pose sur l’homme riche, puis sur les disciples.
La Bonne Nouvelle, la voici : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible pour Dieu. » Cette promesse évoque celle faîte à Sarah alors qu’elle riait lorsque de mystérieux visiteurs annonçaient à Abraham qu’elle allait être enceinte. L’ange Gabriel réitère cette promesse à Marie lors de l’Annonciation : « Rien n’est impossible à Dieu ». Oui, Jésus est Celui en qui s’accomplit cette promesse de salut. S’il est difficile à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu, réalisons que le Christ, ayant la condition de Dieu, « s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté ». Demandons à Dieu un cœur assez humble pour accueillir un tel amour.

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Une seule chair

27ème Dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 10, 2-16

Les paroles de Jésus sont bouleversantes : “Dieu les fit homme et femme”…”Ils ne feront qu’une seule chair”. Paroles de la Genèse, du commencement de tout. Notre époque n’accorde, malgré les apparences, que peu d’importance à la chair. Bien souvent les couples virevoltent, sans tenir compte de la réalité de ce lien charnel et spirituel. La Bible ne s’attarde pas sur les sentiments immédiats, les sensations, le bonheur d’un moment. “Le Verbe s’est fait chair” et nous sommes ancrés dans la chair, la terre de nos humanités liées jusqu’à ne faire plus qu’un.
Ce lien, confié à notre liberté sans être à notre merci, Dieu s’en porte garant. La Parole de Jésus peut sembler contraignante mais elle nous libère de nos subjectivités envahissantes. Quant aux enfants qui entourent Jésus, les disciples les repoussent. Que de rejets dans cet évangile : femmes et enfants ! Et pourtant que d’espérance ! Le Seigneur, Lui, ne rejette personne, son Alliance avec l’humanité résiste à tout.

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Qui n’est pas contre nous est pour nous.

26ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 9, 38-48

Qui est le plus grand dans le Royaume de Dieu ? Ou qui a le pouvoir de chasser les démons ? Ce sont les préoccupations des disciples de Jésus. Ils se mettent toujours au centre de l’échiquier, leur logique est finalement la même.
Sans détour, Jésus les force à élargir leur manière de voir : “Qui n’est pas contre nous est pour nous”. Donc, nul besoin d’être du groupe des Douze pour combattre les forces du mal. Seul suffit de le faire au nom de Jésus. Ainsi tout le monde est habilité à oeuvrer pour le Royaume, il n’est pas question d’exclure qui que ce soit. Et un rien compte comme donner un verre d’eau, geste d’humanité à la portée de tous.
Jésus continue ses invectives à l’encontre des Douze. Si la main, le pied ou l’oeil sont causes de chute pour autrui, en particulier un petit dans la foi, mieux vaut s’en séparer. A quoi bon arriver tout entier dans le feu éternel ? Tans pis si l’on arrive estropié dans la vie éternelle ! En attendant, il est temps de faire du bien en son Nom même avec une seule main, un seul pied ou un seul oeil…

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Faut-il marcher pour avancer ?

25ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 9, 30-37

Il y a deux enseignements dans l’évangile de ce dimanche.
Un premier donné en chemin, où les disciples restent sans comprendre, sans interroger : la 2ème annonce de la Passion. Cet enseignement doit faire son chemin lentement, dans notre corps, dans notre cœur, en suivant Jésus.
Pour le 2ème enseignement, Jésus s’assoit dans la maison et installe les 12 autour de lui : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » C’est un renversement de valeurs, mais pour eux qui ont déjà une petite expérience de la suite de Jésus, il est audible, ils peuvent l’entendre. D’ailleurs, ils n’étaient pas bien fiers de leur discussion sur qui est le plus grand, en chemin…
Être le serviteur de tous, par choix, par obéissance, ou pour commencer à ressembler à son maître, ce n’est pas être livré aux mains des hommes. Mais c’est une étape sur ce chemin d’humilité, qui nous fait entrer dans l’amour vrai.
Un seul est le plus grand, celui qui a aimé jusqu’à être livré aux mains des hommes. Lui peut nous unir à cette grandeur là qui est celle de l’amour. Peut-être ne comprenons-nous pas vraiment, mais marchons…

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Renoncer à soi-même ?

24ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 8, 27-35

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même. »
Qu’est-ce que peut bien vouloir dire Jésus ? S’il s’agit de renoncer à sa vie, de désirer mourir, c’est insupportable. Mais Jésus lui-même n’a jamais voulu mourir sur la croix, il est entré librement dans sa passion, ce n’est pas la même chose. Renoncer à soi-même, c’est peut-être entrer dans la volonté d’un autre en qui nous mettons toute notre confiance.
Dans l’évangile de ce dimanche, Pierre en fait concrètement l’expérience. Alors qu’il vient juste de confesser Jésus comme le Christ, il cherche à l’empêcher de marcher vers sa passion. Jésus le remet à sa place: « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » Le disciple est celui qui consent à marcher derrière le maître. Cela ne veut pas dire qu’il le suit comme un mouton : la liberté du disciple est intacte. Le disciple suit le Maître parce qu’au fond de lui, quelque chose lui murmure qu’ainsi, il aura la vie.
Regardons le Christ, Lui seul a accompli totalement et librement la volonté du Père. C’est parce qu’il a accepté de perdre sa vie, qu’Il peut nous donner la vie.

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Ouvre-toi !

23ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 7, 31-37

De la mer rouge qui se fend pour que passe le peuple de Dieu, à la pierre roulée du tombeau du Christ, l’ouverture, dans l’Écriture Sainte, est toujours liée à la liberté et à la vie.” Ouvrirais-tu le sein pour ne pas faire naître ? dit le Seigneur”. (Isaïe 66, 9)
La parole de Jésus à un homme muré dans sa surdité est chargée de ce poids formidable de vie. “Ouvre-toi !”  Jésus ne dit pas : “Que tes oreilles s’ouvrent !” mais simplement et avec force : “Ouvre-toi !” On pourrait traduire : “ouvre-toi tout entier !”.
La puissance de ces paroles retentit jusque dans nos profondeurs pour nous ressusciter, corps et âme. Dans l’évangile, le geste se joint à la parole. Le Seigneur met la main à la pâte, comme aux premiers jours de la création. Pour l’ homme propulsé par la foi obstinée de ceux qui l’entourent, c’est une nouvelle création.
“Seigneur ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange”. C’est ainsi que tout commence, chaque matin, jusqu’au matin de la vie nouvelle et éternelle.

 

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Cela vole en éclats !

22ème Dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 7, 1-8.14-15.21-23

Dans l’Évangile de ce dimanche, reconnaissons aux pharisiens un zèle certain dans la recherche de la sainteté. Pour eux, choisir Dieu, c’est éviter à tout prix la contagion des païens et de leurs idoles.
Les règles de purification sont faites pour approcher le monde de Dieu, au cœur de la vie quotidienne du croyant.
Mais c’est un monde clivé que se représentent les pharisiens, entre purs et impurs.
Et cette séparation, Jésus la fait voler en éclat.
Voici la nouveauté : il fait table ouverte avec les pécheurs, défend ses disciples aux mains impures pour recentrer sur l’essentiel : « Ce qui sort du cœur de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »
Le murmure accusateur des pharisiens, comment pourrait-il plaire à Dieu ?
Et ce murmure guette tous les « parfaits » ou plus-que-parfaits !
Quelle grande tentation de rejeter le mal hors de soi, de cliver le monde en deux, de se poser en juge du Bien et du Mal !
C’est en soi qu’il faut en extirper la racine nous dit Jésus.
Tout se joue dans les profondeurs de notre âme.
Le champ de bataille, c’est notre propre cœur !
Le feu de la charité purifie le cœur. Demandons au Christ ressuscité de créer en nous un cœur pur.

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“Voulez-vous partir, vous aussi ?”

21ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Jn 6, 60-69

“Voulez-vous partir, vous aussi ?” demande Jésus à ses disciples en ce dimanche.
Il nous pose à nous aussi la question en ces temps troublés.
En effet, si nous venons à Jésus uniquement pour entendre ce que nous avons envie d’entendre, à un moment donné, cela ne marche plus !
Car Jésus ressuscité ne nous montre pas le chemin de la facilité mais le chemin du Royaume et de la vie éternelle. Il ne peut alors que nous surprendre et nous interroger. N’est-il pas Dieu, et ne sommes-nous pas des hommes ? « La chair (l’homme laissé à ses propres forces) n’est capable de rien ».
Jésus est le chemin vers le Père.
Voilà le paradoxe de la foi : les paroles de Jésus sont humainement incompréhensibles et pourtant elles nous font vivre. Il nous faut suivre le chemin des apôtres : vivre de ces paroles, les laisser nous nourrir et nous pénétrer sans prétendre les expliquer. En effet, ce n’est pas dans les livres qu’il faut chercher l’explication de l’Eucharistie. Mieux vaut y participer et laisser le Christ nous entraîner dans son mystère de vie.
Aussi il est bon de nous mettre à son école pour avoir la vie.
A nous de choisir de sortir spirituellement d’Égypte comme les hébreux en faisant confiance au Christ.
Une libération est comme un enfantement. Cela a quelque chose de déchirant, de rude. Mais Jésus est avec nous dans cette sortie vers la liberté. “Je suis toujours avec vous”.
Et la grâce de son Esprit ne nous manquera pas. Et « c’est l’Esprit qui fait vivre ».
Ayons confiance ! La vue est magnifique d’en haut !

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Reine du Ciel, réjouis-toi !

Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie

Luc 1, 39-56

La fête de l’Assomption nous invite à lever nos regards vers le ciel pour voir l’Etoile des étoiles : Marie Stella. Marie, la mère du Sauveur est élevée toute entière dans la gloire de Dieu, elle est la première bénéficiaire de la grâce de la résurrection de son Fils. C’est l’exultation dans le ciel ! Les anges mêlent leurs voix au chant du Magnificat.
C’est aussi la joie sur la terre, car la Reine du ciel est une fille d’Israël, une femme de notre race. Dans la foi nue, Marie a acquiescé à la salutation de l’ange Gabriel lui demandant d’enfanter le Fils du Très-Haut. Elle a cru à la puissance de l’Esprit-Saint et s’est faite l’humble servante du Seigneur, et ce jusqu’à l’heure du calvaire de son fils.
Parce que la vierge Marie a été toute offrande, rien en elle n’est retenu par les liens de sa mort, elle est toute entière saisie et transfigurée par la vie éternelle, plénitude d’amour. Elle est notre soeur aînée dans la foi et l’espérance.
Reine du Ciel, réjouis-toi !
Car le Seigneur que tu as porté est ressuscité comme il l’avait dit.
Reine du Ciel, prie pour nous !

 

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Un homme de communion
Saint Dominique – 8 août 2021

Que savons-nous de Dominique ? Il n’a pas semé de petites fleurs, des “fioretti” sur son passage comme son contemporain François. Ses fleurs à lui, ce sont des communautés de soeurs et de frères, passionnés de la Parole de Dieu et qui trouvent leur bonheur à la transmettre afin qu’elle circule, fructifie et embaume.
Ce qu’il a légué à ces communautés, c’est, je crois, une grâce de communion. “Nemo communior” disait-on de lui. S’il faut tenter de traduire l’intraduisible, disons qu’il était doué par nature et par grâce, d’un sens exceptionnel de la communion. Dominique demeurait en lien avec ses sœurs et frères, avec les pauvres, les hérétiques, les pécheurs, les blessés du corps ou de l’âme. Il allait jusqu’à traverser les enfers pour y rejoindre les captifs de la mort et verser sur leur brûlant désespoir quelques larmes de pur amour.
Tel est le merveilleux héritage qu’il nous a offert et dont nous espérons être dignes.

 

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Un don qui dépasse tout !

17ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Jn 6, 1-15

Dimanche dernier, dans l’Évangile selon st Marc, Jésus fut pris de pitié en voyant la foule et se mit à les enseigner. Nous lisons la suite de cet épisode, mais en passant à l’évangile selon st Jean. Il n’y est plus question d’enseignement mais de nourriture. « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » demande Jésus à Philippe. St Jean précise que Jésus disait cela pour le « mettre à l’épreuve ». Attention, Jésus ne tente pas Philippe comme il a lui-même été tenté par le diable au désert. Jésus éprouve la foi de Philippe, il ne le tente pas.
Jésus sait ce qu’il va faire et il ne veut pas faire de miracle sans que les disciples posent un acte de foi. Ce que les disciples font en apportant les cinq pains et les deux poissons.
Mais Jésus sait l’ambiguïté de son geste. Il n’est pas venu simplement rassasier une foule ou guérir les malades. Seule la croix peut nous ouvrir à la folie de l’amour de Dieu, plus sage que les hommes.

 

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LE CHRIST EN VACANCES ?

16ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 6, 30-34

« Si tu veux la paix, prépare la guerre », nous dit la sagesse humaine. On parle aussi de « paix des braves », ou encore de « paix armée ». La Parole de Dieu ne nous propose pas un modèle moins tendu. Vigilance de tous les instants, combat permanent, pied-à-pied, contre le mal.
N’allons pas croire, en ce mois de juillet un peu humide de nos vacances à l’occidentale, que l’évangile de ce dimanche nous offre un modèle de paix à la béni-oui-oui. « Venez à l’écart et reposez-vous un peu », propose certes Jésus à ses disciples harassés. Mais s’ils ont ainsi besoin de souffler un instant, c’est parce que le « Semeur est sorti pour Semer », et que « son Père est toujours à l’œuvre ». Aussi, quand la foule avide de repères rejoint Jésus et ses disciples en court-circuitant leur trajet, l’effet est immédiat : saisi de compassion, l’Amour éprouve en acte cette détresse première et n’a plus de repos que dans le geste de consoler, soigner, nourrir, et d’abord enseigner.
« C’est lui, le Christ, qui est notre paix », mais la paix du Christ est celle de « l’Homme Nouveau ». Elle a été payée au prix fort en sa chair crucifiée. Sachons ne pas nous y dérober.

 

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La foi manque à Nazareth

14ème Dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 6,1-6

C’est un comble ! Dans sa patrie, Jésus est une occasion de chute. On manque de foi au pays de ses pères, nous raconte l’évangéliste Marc. Voilà que le jour du sabbat, le fils de Marie ne se contente pas de venir à la synagogue, mais il se met à enseigner. Il est compréhensible que les gens de son village en soient interloqués : “D’où cela lui vient-il ? Ses paroles pleines de sagesse et ses actes remplis de puissance bousculent ses auditeurs. Les questions fusent… Dans leur cœur, un espace pour une foi nouvelle aurait pu s’ouvrir, mais c’est le blocage. A Nazareth, on croit connaître le fils du charpentier.
Malgré tout, Jésus entrouve la porte avec un diction: “un prophète n’est méprisé que dans son pays”. On ne sait comment le message fait son chemin jusqu’à l’heure de sa passion… et de sa glorification. Jésus part plus loin annoncer la bonne nouvelle du salut.
C’est le même constat dans l’Évangile de Jean : ‘Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas accueilli” (Jn 1, 11). Croire n’est pas un vouloir de chair, ni un vouloir d’homme, mais de Dieu”. Aujourd’hui, quel accueil avons-nous à sa parole de grâce pour aimer d’avantage ?

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Solennité des Sts Pierre et Paul

Matt 8. 28-34

St Pierre et st Paul : les 2 colonnes de l’Église certes, mais avant cela deux grands pécheurs : un renégat et un persécuteur !
Pas de quoi se glorifier !
Heureusement les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres !
Le repentir est possible : « Pierre m’aimes-tu ? »
La conversion est possible : « Je suis Jésus que tu persécutes. Vas, entre dans la ville et on te dira ce que tu dois faire. »
Et voilà qu’à Pierre, et à travers lui à l’Église, sont données les clés du Royaume des Cieux, les clés de la foi au Christ, Lui qui est la Porte. Ne questionne-t-on pas ainsi le néophite au moment du baptême : « Que demandes – tu ? » Et lui de répondre : « la foi ». Et « Que t’apporte la foi ? » Et lui de répondre :« la vie éternelle »
Quel cadeau par la médiation d’une Église de pécheurs !
Et voilà qu’à Paul est donnée la lumière pour éclairer les nations pour les éclairer dans leur foi et leur faire comprendre que « Le Christ parle dans les Écritures ». Là aussi, quel bagage pour construire notre relation au Christ Jésus !
Ainsi, nous n’avons pas fini de recevoir de Pierre et de Paul.
Et leur mission, ils l’ont scellée en suivant le Christ jusqu’au bout.
Et nous ?
Laissons résonner la parole du Seigneur : « Toi, suis-moi ! »

 

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Dieu peut-il dormir, en toute confiance ?

12ème Dimanche du temps ordinaire – Année B

Mc 4, 35-41

Lorsqu’on sait que la mer symbolise le mal dans le monde juif, on mesure que le récit de la tempête apaisée préfigure la passion, la mort et la résurrection du Christ. Ce récit raconte de manière imagée la victoire du Christ sur le mal.
Deux attitudes du Christ me marquent dans cet épisode : son autorité et sa confiance. A la fois, c’est le Christ qui est à l’initiative de la traversée du lac lorsqu’il ordonne à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. » Mais ensuite, il se laisse embarquer « tel qu’il est », précise Marc. Il se laisse faire jusqu’à dormir à l’arrière de la barque ! Jésus dort, comme le semeur de la parabole qui précède juste cet évangile. Il fait confiance à ses disciples et surtout à son Père. Puis réveillé, il interpelle la mer comme il a déjà interpellé l’esprit impur : « Silence, tais-toi ! »
Le Christ se révèle ainsi pleinement Dieu, maître de l’Univers. Mais, sa puissance n’a rien d’écrasant. Car Lui le premier fait confiance, confiance qu’il poussera jusqu’au bout en criant sur la Croix : « Père, en tes mains, je remets mon esprit. » Voulons-nous suivre un tel Dieu ?

 

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Pour la multitude !

Solennité du Corps et du Sang du Seigneur – Année B

Mc 14, 12-16.22-26

La fête du Corps et du Sang du Seigneur nous renvoie directement à la Cène du Jeudi Saint. Au cours du dernier repas pascal, tandis que Jésus est livré par l’un des siens, il s’offre librement à son Père pour la vie du monde et le pardon des péchés. Il est à la fois Prêtre pour l’éternité et Agneau immolé. En lui, toutes les alliances du passé sont accomplies. Il est le médiateur de l’alliance nouvelle et définitive.
A chaque Eucharistie, quand nous mangeons sa chair immolée pour nous, nous sommes fortifiés; quand nous buvons le sang qu’il a versé pour nous, nous sommes purifiés (Préface du jour). Le Christ est notre Pâque. Avec Lui, nous passons de la mort à la vie pour ne faire qu’un seul Corps. En Lui, toute la création rend grâce à Dieu.
Sur cette terre, des convives manquent encore… Demandons à l’Esprit-Saint de rassembler tous les enfants du Père à la table du banquet éternel du Fils de l’homme. Il est le vrai pain de vie qui rassasie, offert à tous gratuitement.

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Très Sainte Trinité

Mt 28, 16-20

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Un geste en forme de croix, vers le haut, vers le bas, à gauche, à droite.
Avez-vous jamais remarqué comment ce geste si simple, si familier,
inscrit aux quatre points cardinaux le mystère de la Très Sainte Trinité ?
« En lui tout se tient :
‒ à l’égard du seul Dieu tout-puissant, « de qui viennent toutes choses » (1 Co 8, 6), c’est une foi totale ;
‒ à l’égard du Fils de Dieu, Jésus-Christ notre Seigneur, « par qui viennent toutes choses » (1 Co 8, 6), et de ses « économies », par lesquelles s’est fait homme le Fils de Dieu, c’est une conviction ferme ;
‒ à l’égard de l’Esprit de Dieu, qui procure la connaissance de la vérité (cf. 1 Tm 2, 4), qui met les « économies » du Père et du Fils sous les yeux des hommes, selon chaque génération, comme le veut le Père, 33, 8. c’est une connaissance vraie (cf. Jn 14, 17), comportant :
l’enseignement des apôtres ;
l’organisme originel de l’Église répandu à travers le monde entier . »
C’était un fragment de citation, rescapé du grec de saint Irénée. (Contre les hérésies, IV, 33)

 

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Pentecôte – Esprit de Vérité ou fake news ?

Dimanche 23 mai 2021

Jn 15,26-27 ; 16,12-15

Cette fête de Pentecôte est une célébration de la vie, la vie donnée à la communauté des apôtres et des premiers fidèles, la vie donnée à l’intime de chacun des croyants. En ce sens elle est bien l’éclosion du bourgeon pascal, le plein épanouissement de la résurrection du Seigneur.
C’est la célébration de l’unique Vie qu’est le Christ, Lui qui est, qui était et qui vient. L’Esprit de Vérité en témoigne : il nous rappelle tout ce qu’Il a fait, nous annonce la plénitude qu’Il est depuis toujours et pour toujours, nous enracine dans la foi pour vivre aujourd’hui en Christ sous sa conduite.
Méfions-nous des fausses annonces d’esprits trompeurs ou de statistiques élaborées qui dispersent, des fausses vérités issues d’algorithme ou de manipulation qui divisent, des illusions marchandes qui ne sont pas accessibles à tous.
L’Esprit unit la multitude dans le corps du Christ. Il nous oriente vers l’Unique nécessaire, il provoque notre créativité et soutient nos forces pour la recherche du bien commun dans la charité.
« Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit » Ga 16,25

 

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Dans les mains du Père

7ème Dimanche de Pâques- Année B

Jn 17, 11b-19

« Comme nous-mêmes »
Cela pourrait être le résumé de la prière que Jésus adresse à son Père avant d’entrer dans sa passion. Et ce n’est pas anodin de l’entendre en ce dimanche entre l’Ascension et la Pentecôte. Le Christ est remonté auprès du Père mais Il ne nous laisse pas orphelins.
D’une part, il intercède pour nous auprès de son Père. Et quelle prière pourrait avoir plus de poids que celle du Fils qui a donné sa vie pour nous ouvrir l’accès à la vie divine ?
D’autre part, il nous envoie l’Esprit Saint, le lien d’amour qui l’unit à son Père afin que peu à peu nous soyons unis comme eux.
Par cette prière, le Christ, qui nous avait reçus des mains du Père, nous remet à son Père. La boucle est bouclée. A nous maintenant de vivre de l’Amour qui unit le Père et le Fils et de porter au monde leur Parole de salut. Nous ne craignons rien si nous restons dans les mains du Père.

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Ascension du Seigneur

Mc 16. 15-20

Jésus s’apprête à quitter ses disciples pour entrer dans la profondeur du mystère de Dieu. Ce qui peut nous rassurer c’est que bien qu’ils aient vu le Seigneur ressuscité ils sont encore enfermés dans leurs vieux rêves de restauration du Royaume d’Israël.
Il faut que Jésus parte pour qu’ils reçoivent l’Esprit et qu’enfin leurs cœurs s’ouvrent au-delà de leurs propres espoirs. Les espoirs sont humains et tellement légitimes, mais souvent déçus dans l’immédiat. L’espérance résiste à tout, elle « ne déçoit pas » dit saint Paul. Nos espoirs n’y perdent rien, le Seigneur les prend en compte et les réalise d’une manière qui nous échappe encore. Jamais Dieu n’assoit sa divinité sur le mépris de notre humanité fragile et désirante.
Mais c’est de lui que les disciples reçoivent cette espérance qui les arrache à toute déception, et qui leur donne l’élan pour quitter leur ancienne manière de voir et devenir témoins du Christ ressuscité.

 

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« Je vous appelle mes amis »

6ème Dimanche de Pâques. Année B.

Jn 15, 9-17

Dans l’Evangile de Jean, devenir disciples et porter du fruit ne font qu’un pour Jésus. Le meilleur fruit qui sert la gloire de son Père est bien l’amour mutuel. Dans son discours d’adieu, Jésus dit à ses disciples : “Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés”. Le commandement de l’amour est en fait son testament de vie. Mais comment l’entendre une nouvelle fois comme un appel à la joie et à la liberté ?
Trop souvent, nous le recevons comme un fardeau moral venant de l’extérieur. Au contraire, Jésus nous appelle de l’intérieur en nous disant: “Je vous appelle mes amis”. Toujours, c’est lui qui nous aime le premier. Ainsi, il nous donne la capacité d’aimer véritablement. Or, cette histoire d’amitié est à écrire avec nos frères et soeurs en humanité car tous sont aimés par le Dieu créateur, et appelés à ne faire qu’un en Lui.
Cette relation d’amitié initiée par Jésus devient une responsabilité, celle de la fraternité à bâtir au quotidien, avec des coeurs de pauvre.

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« Vaste monde, ma paroisse »

4ème Dim TP – Jn 10. 11-18

Le petit livre du P. Congar a fait plusieurs fois le tour de la terre… C’est lui qui disait aussi « J’ai une conscience aiguë des dimensions universelles du Corps Mystique de l’Eglise ». En éprouver le sens jusqu’à la douleur, c’est peut-être cela, prier pour l’unité ?
Avec quelle profonde reconnaissance nous recevons aujourd’hui dans l’Evangile selon saint Jean les paroles du Christ : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos, celles-là aussi, il faut que je les conduise : elles écouteront ma voix, il y aura un seul troupeau et un seul pasteur… »
De quel enclos parle-t-il ?
Quelles sont ses autres brebis ?
Le bon berger ne peut penser qu’à l’ensemble du cheptel, réparti d’une bergerie à l’autre, jusqu’aux extrémités du monde ! « Celles-là aussi, il faut que je les conduise… »
En ce dimanche de prière pour les vocations, ayons la conscience aiguë de l’appel que Dieu adresse à tout homme et à tous les hommes.

 

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Avez-vous quelque chose à manger ?

3° Dimanche de Pâques. Année B.

Luc 24, 35-48

Contre toute attente, Jésus fait irruption au milieu de ses disciples : « Avez-vous quelque chose à manger ? » « Ce n’est vraiment pas le moment ! » auraient-ils pu répondre, abasourdis, incapables de le reconnaître.
Quels chaos dans leur existence ! et en si peu de temps ! Il avaient mis tant d’espérance en leur Maître et rien ne va plus. Échec et mat !
Qu’aurions-nous fait à leur place ? Que faisons-nous quand l’épreuve obstrue nos horizons ? On se terre, on se tait, on rumine, on s’enferme dans la déception.
Pour se faire reconnaître, Jésus se montre à ses disciples tel qu’ils l’ont connu : un homme qu’ils peuvent voir et même toucher… »
«La paix soit avec vous »
Cette paix n’est pas celle du monde, c’est celle de Dieu, la Paix qui nous tient du dedans quoiqu’il arrive.
Au-delà des portes de la mort, on voudrait s’écrier, les yeux grands ouverts, dans une joie stupéfaite :
Mon Dieu, c’est toi !

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Seul Dieu pouvait faire cela !

2ème dimanche de Pâques – Dimanche de la Divine Miséricorde

Jn 20, 19-31

Durant sa vie publique, Jésus a enseigné ses disciples et les foules, dans les synagogues, sur la montagne, dans le Temple de Jérusalem. Mais à vrai dire, le Christ se révèle encore bien plus pédagogue après sa résurrection. Il n’hésite pas à multiplier les apparitions, à relire les Ecritures, à poser des gestes pour se faire reconnaître. Il sait que la Bonne Nouvelle de sa résurrection n’est pas simple à accueillir. Il lui faut la répéter et provoquer dès que possible des rencontres personnelles, comme ce dimanche avec Thomas.
L’enjeu est de taille : seul Dieu pouvait transformer cette situation d’échec qu’est la mort sur la croix en une victoire sur toutes les forces du mal. C’est ce que professe Thomas en voyant les marques de la Passion sur le Ressuscité. « Mon Seigneur et mon Dieu »
Et nous, saurons-nous aujourd’hui nous tourner vers Celui qui a porté le péché du monde et croire en la puissance de son Amour ?
Pas si simple de consentir à ce que Dieu nous aime au point de se laisser blesser par notre péché et d’attendre patiemment notre retour.

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Hosanna !

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Mc 11, 1-10 et 14,1 – 15,47

La fête des Rameaux est le porche d’entrée de la Semaine Sainte qui nous conduit jusqu’à Pâques. La victoire de la vie sur la mort du Seigneur est célébrée en même temps que le don du salut pour tous, car le Christ nous associe à sa victoire.
Son entrée à Jérusalem est triomphale, les foules reconnaissent en lui le Messie attendu en criant : ‘Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !’ Mais les acclamations ne durent qu’un temps et sont vite remplacées par des cris de haine… Jésus est un roi tantôt glorifié, tantôt humilié par les hommes. A Gethsémani, tout Fils de Dieu qu’il est, il connaît l’heure du combat : ‘Père, éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux !’
Sans avoir commis le mal, le Fils bien-aimé du Père meurt comme un criminel et s’en remet à Celui qui juge avec justice. En étendant librement les bras sur la croix, il porte et emporte nos péchés afin que nous vivions d’une vie nouvelle et ayons part avec lui à la coupe du salut. Qu’il entre, le roi de gloire !

 

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C’est l’Heure ! Réveillons-nous !

5éme dimanche de Carême -Année

Jn 12, 20-33

Tout l’être de Jésus était tendu vers cette heure où il allait pouvoir manifester pleinement son amour.
C’est cela que nous allons contempler durant la Semaine Sainte et les textes de ce 5ème dimanche de Carême nous donnent d’en approfondir la signification et l’orientation.
Jésus aime intensément son Père. « Il faut que le monde sache que j’aime le Père » et dans le même élan, il est aussi fou d’amour pour nous : «  Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! »
Quel est l’objectif de Jésus ? C’est celui de son Père : notre Salut. Aussi, Jésus est déterminé à se donner entièrement pour cela et par delà la peur qui l’étreint. « Dirai-je, Père, délivre-moi de cette heure ? Mais non, c’est pour cela que je suis venu à cette heure-ci ».
Car il est sûr que le don de lui-même portera ce fruit magnifique pour toute l’humanité. « Si le grain de blé ne meurt pas, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruits »
Ainsi, Jésus nous invite à nous engager nous aussi résolument par-delà les épreuves du moment, dans l’espérance.
Alors, allons de l’avant et pensons à notre Sauveur !

 

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Saint Joseph 2021

Nous fêtons solennellement saint Joseph, l’époux de Marie, le père de Jésus. Joseph est un homme juste et “le juste vivra par la foi” dit l’Écriture. Joseph est l’homme de la foi. Ses perspectives humaines sont minces. Son épouse et lui ne feront jamais “une seule chair” et leur enfant se réclame du Père du ciel qu’il appelle : “Mon Père”. Quelle solitude humaine ! Joseph semble laissé de côté. Souvent l’iconographie le représente, dans un merveilleux réalisme, l’air bougon ou songeur, tournant le dos à la crèche. Nous ignorons les sentiments de Joseph mais nous savons ses actes. Tous sont dictés par Dieu et par l’amour de ceux qu’Il lui a donné en ce monde. Joseph est l’homme de la charité.
Joseph se tient droit, droit dans ses sandales. Il va de l’avant, les yeux fixés sur l’invisible de la promesse. Joseph est l’homme de l’espérance. Sa vie ne lui appartient pas. Il a tout l’avenir devant lui et son avenir, c’est Dieu.
Il est bien le père qu’il fallait à Jésus sur la terre.

 

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Préférer les ténèbres à la lumière !

4éme dimanche de Carême -Année B

Jn 3, 14-21

Pour ne pas périr, pour avoir la vie , il suffit de croire au Christ…nous dit
l’évangile de ce 4ème dimanche de carême.
Tout l’enjeu du carême est là :
« Allons-nous préférer les ténèbres à la lumière » ou nous ouvrir à la lumière
du Christ ?
Sommes -nous tentés de perdre patience, comme le peuple d’Israël excédé
et dégoûté de tout ?
Quand nous butons continuellement sur notre péché, allons-nous parler
contre Dieu ? Lui reprocher d’être incapable de nous sauver, ou continuer à
Lui faire confiance ?
Le Christ est d’un plus grand secours que le serpent d’airain, quand nos actes
nous accusent. Comme la lumière du phare balaie les flots en furie, la
lumière du Christ élevé sur la croix illumine les ténèbres de nos intelligences
et de nos cœurs.
Si la morsure des pensées méprisantes et des jugements inflexibles
nous menace, levons les yeux vers le Christ. Il les chassera.
Le jugement ne relève pas de sa mission.
Mais Il étend les bras sur la croix parce que sa justice est miséricorde.

 

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Un nouveau culte !

3ème dimanche de carême – Année B

Jn 2, 13-25

Nous ne sommes qu’au tout début de la vie publique de Jésus dans l’évangile de Jean. Mais c’est la Pâque des Juifs et Jésus monte à Jérusalem, au Temple. Et là, il se révèle au grand jour. Non seulement, il se comporte comme bien des prophètes avant lui, critiquant sévèrement le culte que les Juifs rendent à Dieu. « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » Mais il se révèle comme le Fils qui vient prendre soin de la maison de son Père. Contrairement aux prophètes qui ne pouvaient que dénoncer le mal et appeler à la conversion, Jésus lui apporte le remède : la grâce de Dieu. En sa personne, il vient réconcilier les hommes avec Dieu et faire de notre humanité la demeure de Dieu. Par son incarnation, sa passion, sa mort et sa résurrection, le Christ fait de tout homme un membre de son Corps.
Il ne s’agit plus d’offrir des sacrifices pour se donner bonne conscience envers Dieu, mais de chercher, avec le Christ, à accomplir la volonté du Père par toute notre vie. Sommes-nous prêts à entrer dans cette relation filiale avec son Père et notre Père ?

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La Transfiguration

2éme dimanche de Carême -Année B

Mt 17, 1-8

Les deux premiers dimanches de Carême préfigurent à eux seuls tout le mystère pascal. Les tentations de Jésus au désert, annoncent son agonie, suprême combat contre le mal, la transfiguration, sa résurrection des morts.
« La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. »
C’est dans cette lumière que le Père des cieux nous donne à contempler et à écouter son « Fils Bien-Aimé ».
Moïse, Elie, Pierre, Jacques et Jean sont là, témoins des deux alliances, l’ancienne et la nouvelle. Devant le Christ transfiguré, buisson ardent qui brûle sans se consumer, les disciples tombent, face contre terre, emplis d’une crainte sacrée. « Que ce lieu est redoutable ! Ce n’est rien de moins qu’une maison de Dieu et la porte du ciel ! »
Déjà s’annonce la résurrection. « Relevez-vous, n’ayez pas peur ».
Cette parole est pour nous. Quand les ténèbres s’amoncellent dans nos vies incertaines, « relevons-nous, n’ayons pas peur » car « la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie »

 

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Jésus baptisé, l’Esprit repose sur lui et le pousse au désert.

1er dimanche de carême – année B

Dans l’Évangile de Marc, nous contemplons l’harmonie de la création autour du Christ Jésus, son Créateur, seul le Satan est hors-jeu : 40 jours de tentation ne suffiront pas à désunir ce que Dieu a créé avec amour. Contrairement au peuple de l’Exode qui succomba bien souvent à la tentation pendant les 40 ans de désert, Jésus est vainqueur : Dieu est l’unique, c’est une première défaite de Satan.
Et nous ? seuls nous ne pouvons rien, mais dans l’Esprit, nous pouvons résister au mal et suivre le Christ sur le chemin de ce carême vers la croix et la résurrection.
Alors poursuivons la conversion commencée (ou recommencée) mercredi dernier et cheminons en Eglise vers cette terre promise, le Royaume de Dieu, que le Christ est venu inaugurer sur terre !

 

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6ème dimanche du temps ordinaire

Mc 1. 40-45

Tous des lépreux en puissance avec cette pandémie de covid !
Oui, tous nous souffrons, comme le lépreux de l’Évangile de ce dimanche, de séparation, d’exclusion de la vie sociale. Que nous le voulions ou non, nous devons vivre séparés les uns des autres.
Pourtant l’attitude et les gestes de Jésus nous donnent des raisons d’espérer :
– Si Jésus guérit le lépreux qui vient à lui, c’est pour le réintégrer à la communauté. En effet il nous veut tous en vie, de cette vraie vie qui est relation et communion entre nous et avec lui.
Non, ce covid, qui peut nous tuer sans nous tuer en nous isolant, n’aura pas le dernier mot !
Si Jésus est capable de toucher un lépreux, c’est qu’il nous appelle à choisir de nouveau la vie. Oui, redoublons d’inventivité dans l’Esprit pour promouvoir cette vie et les liens qui en découlent. « Nous n’avons pas reçu un esprit qui nous rende esclaves et qui nous ramène à la peur. »
– En même temps, Jésus ne rejette personne, même les plus contagieux. C’est dire qu’il continue d’attirer tout homme à lui et que personne ne sera rejeté par lui.
Cela implique, qu’en tous temps, l’Église que nous formons, et qui est là pour manifester la présence de Jésus au milieu des hommes, cette Église est appelée à tendre les bras au monde entier, sans restriction, sans faire le tri.
Pas besoin pour cela qu’elle soit grande et forte – Jésus n’a jamais eu les bras plus grands ouverts que sur la croix. C’est là qu’il nous sauve du péché et de la mort ; c’est là qu’il nous fait entrer dans la communion avec Dieu. Pour de bon !

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Méthode Jésus

5ème dimanche du temps ordinaire – 7 février 2021 – Mc 1,29-39

En ce dimanche, nous sommes encore au début de la mission de Jésus. Il n’a appelé que quatre hommes auprès de lui, et déjà les foules arrivent et se pressent, suite à la renommée acquise par son autorité . Quatre hommes, témoins de la « méthode Jésus » : accueillir tout le monde, avec ses misères, en guérir beaucoup, ne pas laisser parler les démons, prier, et recommencer ailleurs. Cela s’appelle « proclamer l’Evangile »
Mais cette méthode n’est pas un mode d’emploi ou une recette de cuisine à appliquer. Elle est l’élan du cœur de Jésus, du cœur de Dieu, pour le salut des hommes. Sa fermeté libère des démons, arrête les propos, le propos, du Malin. Mais sa main délicate se propose à nos blessures pour les guérir.
Il passe en faisant le bien, et de cet amour inlassable coule cette grâce qui est notre unique espoir. (cf oraison)
Témoins et bénéficiaires de cette grâce, comme les quatre premiers apôtres, puissions-nous apprendre « par coeur » cette méthode, pour que l’Evangile soit proclamé, car « tout le monde le cherche »

 

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L’autorité de Jésus

4ème Dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Mc 1, 21-28

Nous le savons par expérience, il y a une grande différence entre une personne autoritaire et une personne qui a de l’autorité. La personne autoritaire cherche à affermir son pouvoir de l’extérieur, de façon artificielle. L’autorité d’une personne, au contraire, émane de son être même, de tout ce qui la constitue en propre. Quand Jésus commence son ministère public, son autorité frappe tous ceux qui le croisent. Sa parole n’est pas seulement une parole humaine, c’est la parole de Dieu lui-même. Il est le Verbe de Dieu.
Les esprits impurs ne s’y trompent pas. Ils reconnaissent immédiatement en Jésus celui qui est venu pour les perdre. Car si le Fils de Dieu est venu sauver les hommes, cela passe par le combat contre le mal. Jésus ne dialogue pas avec les esprits mauvais, il les fait taire. Il les muselle. C’est cela aussi qui fait son autorité : il sait dans quel but le Père l’a envoyé et qui sont ses adversaires.
Ce jour-là, l’esprit impur sortit et un homme fut sauvé. Et nous, croyons-nous vraiment que le Christ veut nous sauver ?

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Venez derrière moi !

3ème Dimanche du temps ordinaire – Année B
Marc 1, 14-20

Dans l’Évangile de Marc, les transitions sont rapides. L’arrestation de Jean Baptiste donne le point de départ de la prédication publique de Jésus en Galilée. A la fin de l’Évangile, c’est là encore que l’ange de la résurrection donne rendez-vous aux disciples pour retrouver le Christ vivant, heure de l’accomplissement véritable.
Lorsque Jésus ouvre la bouche pour la première fois, c’est pour proclamer :”Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche.” C’est une bonne nouvelle venant de Dieu ! Puis vient le récit de l’appel des 4 premiers disciples. On est dans la promptitude, Jésus attire avec force. L’Evangile, c’est Lui. Quand l’Evangile fait irruption dans la vie des 4 pêcheurs de Galilée , il modifie radicalement leur destinée. Voilà que ces marins larguent filets, barque et père pour suivre Jésus, se mettre derrière lui. Aucune tergiversation, ils s’ouvrent au temps de Dieu, au règne de la plénitude de l’amour.
Or devenir pêcheur d’hommes prend plus de temps. On connaît les faux-pas de Simon-Pierre… Se mettre à l’école de Jésus doux et humble de coeur est l’histoire de toute une vie. Pour nous, il en va de même pour nous.

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“Voici l’Agneau de Dieu !”

2ème Dimanche du temps ordinaire – Année B

Jn 1, 35-42

Aujourd’hui nous entrons dans la célébration du 2ème dimanche du temps ordinaire, année B.
“Pharaon, alors qu’il dormait, vit en songe : voici que tout le pays d’Égypte était posé sur le plateau d’une balance, et un agneau (talya), le petit d’une brebis, sur l’autre plateau ; et le plateau qui portait l’agneau s’abaissait… Il consulta les chefs magiciens qui lui dirent: “Un enfant doit naître dans la communauté d’Israël, etc.” (Targum sur Exode 1,15).
L’année B, consacrée à l’évangile de Marc, prend son élan au premier chapitre de S. Jean. On y voit Jean-Baptiste désigner à ses disciples Jésus qui passe, et quasiment les mettre en route à sa suite. Trois mots lui suffisent: “Voici l’Agneau de Dieu !”
L’Agneau, en araméen talya, c’est la figure de Celui qu’ils attendent, le Serviteur d’Isaïe, le Messie. C’est aussi cet Enfant prophétisé par Isaïe et que nous avons fêté à Noël, “Conseiller-Merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince de la Paix”. Regardez-le, là-haut, cet Agneau vainqueur qui fléchit le genou, pourquoi? C’est parce qu’il tient la croix: “Le signe du pouvoir est sur son épaule.” Mais quel pouvoir…
Mettons tout notre poids dans la balance du côté de l’Agneau.

 

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Baptême du Christ 2021

Mc 1, 7-11

Nous entrons aujourd’hui dans la célébration du Baptême du Christ. Saint Marc rapporte l’événement en le réduisant à sa plus simple expression. Juste après la déclaration du Baptiste : “Moi je vous ai baptisé avec l’eau, lui vous baptisera dans l’Esprit Saint”, on apprend, sans transition, que “Jésus fut baptisé par Jean dans le Jourdain”. Il semble que les rôles s’inversent !
Celui devant lequel Jean s’incline se fait baptiser dans l’eau comme tout le monde. Il est dans le même bain que nous.
Dès qu’il en sort, c’est la Révélation.
Il est l’Unique, le Bien-Aimé.
La vie entière de Jésus s’adossera sur cette certitude là.
Il a fallu qu’il plonge jusque dans nos enfers pour nous sortir de là en nous tirant par la main. Quand les eaux se déchaînent, une main se tend vers nous. Quoi qu’il arrive n’ayons pas peur, croyons en Lui, le Fils Bien-Aimé.

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Epiphanie !

Matt 2. 1-12

Tels des pauvres !
Emmanuel, Dieu est avec nous ! Et ce petit Dieu attend chacun dans l’étable.
Il avait préparé son peuple en vue de toutes les nations. Les scribes et les docteurs auront 20/20 pour avoir dit où le Messie doit naître. Magnifique ! Ils savaient la promesse faite à Abraham : « Par toi seront bénis tous les peuples de la terre ». Mais pas un ne bouge pour aller voir. Peur d’Hérode ? Surdité spirituelle ? Dieu seul connaît les cœurs…
Les mages, eux, ne savaient rien mais ils avaient vu le signe de l’étoile et ils s’étaient mis en marche jusqu’au bout du monde ; ils avaient même osé frapper à la porte d’Hérode pour en savoir plus.
N’était-ce pas là un signe pour Israël qui avait été missionné pour manifester la présence de Dieu au monde ?
Reversement de situation : ce sont ces étrangers, ces ignorants du catéchisme qui deviennent, avec les pauvres bergers, les instruments privilégiés de la manifestation de Dieu à l’humanité. Comme quoi, il ne suffit pas de faire partie de ceux qui savent pour se mettre en route en suivant l’étoile et pour avoir des chances de rencontrer le Seigneur.
En fait, les mages, tels des pauvres, ont écouté, ont risqué le déplacement et même se sont abaissés devant ceux qui étaient compétents en leur posant des questions. Enfin, ils ont trouvé Celui que leur cœur aime et ils se sont inclinés pour repartir et continuer leur vie, le cœur illuminé de la Présence du Sauveur.
Puissions-nous les imiter et nous mettre à l’écoute des inclassables de notre temps pour voir les signes du Sauveur et vivre dans cette Lumière que les mages ont trouvée !
Belle fête de l’Épiphanie !

 

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Un Dieu caché dans notre humanité

Dimanche de la Sainte Famille – Année B

Lc 2, 2-40

Devant la crèche, nous pourrions être tentés d’en rester au côté merveilleux et plein de tendresse. Le Fils de Dieu est venu habiter parmi nous, partager notre humanité, dans la vulnérabilité d’un nouveau-né.
Mais la fête de la sainte Famille déplace l’attention sur les parents. Le lien avec le personnage d’Abraham, évoqué dans les autres lectures, nous montre la foi qu’il a fallu à Marie et Joseph pour accueillir cet enfant. Leur vie en a été complètement bouleversée.
Réalisons un peu : Joseph se voit confier la mission de père alors que l’enfant n’est pas de lui. Marie a porté l’enfant dans sa chair, mais l’enfant a été conçu du Saint Esprit. Tout en ayant à donner pleinement leur part dans ce qui fera l’humanité de Jésus, Marie et Joseph font toujours plus profondément l’expérience que cet enfant vient de Dieu. Quel dépouillement !
C’est sans doute en cela que consiste la sainteté de cette famille : en donnant une maison humaine au Verbe de Dieu, Marie et Joseph ont consenti à livrer toute leur humanité à la grâce de Dieu.
Et nous, accepterons-nous que Dieu vienne se révéler dans ce qu’il y a de plus humain, de plus humble dans nos vies ?

 

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3e dimanche Avent- Année B

13/12/2020 – Jn 1, 6-8 . 19-28

Les juifs attendent le messie… Jean qui baptise et prêche avec puissance la conversion le serait-il ?
Et nous ? Qui attendons-nous ?
Un fort qui rétablira la paix par la peur ?
Un puissant qui redonnera son aura à une Eglise défigurée et faible ?
Un gourou qui apprendra la sérénité intérieure par l’oubli du monde extérieur ?
Nous nous trompons : notre Dieu est le fin murmure d’une brise légère, qui s’est fait le plus petit et le moins honorable pour nous accompagner dans nos vies, quelles qu’elles soient…
Alors faisons silence, et écoutons sa voix.

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Immaculée Conception de la Vierge Marie

Au milieu du jardin,
un arbre se dresse.
Marie en est la fleur,
et Jésus le fruit.
« N’y touche pas ! »
souffle l’ange.
Immaculée Conception de la Vierge Marie
Au centre du jardin,
il n’y a plus deux arbres
au lieu d’un.
Arbre de la connaissance ?
Arbre de la vie ?
Le dédoublement séculaire a pris fin.
« La vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent,
toi, le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
Au milieu du jardin,
un arbre se dresse.
Marie en est la fleur,
et Jésus le fruit.

 

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Au commencement !

Mc 1.1-8

En ce 2ème Dimanche de l’Avent, nous voici , grâce à St Marc, au commencement de l’Evangile, de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu.
Ce commencement est-il si loin de nous ? Quand la Bonne Nouvelle du Christ a-t-elle surgi dans notre vie ? Depuis ce temps,notre amour s’est-il enlisé à travers les déserts traversés et les ravins descendus ?
Le Seigneur est patient envers nous parce qu’Il veut, dit st Pierre, que tous aient le temps de se convertir. Cela ne veut pas dire que nous avons tout le temps pour le faire et que nous pouvons le remettre à demain ou à la prochaine retraite.
Le précurseur annonce la conversion pour ici et maintenant, à fortiori pour ceux qui ont été plongés dans le feu de l’Esprit.
Chaque jour je commence, disait un de nos frères.
C’est le premier pas qui coûte.
Mais le Christ l’a fait pour nous en son Incarnation.
Dès lors comment ne pas jeter au loin nos béquilles et bondir de joie pour courir sur la voie de ses commandements vers Celui qui vient ?

 

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“Maranatha, viens Seigneur Jésus !”

Mc 13, 33-37

Ce soir, pas d’étoiles. C’est une nuit bien noire. On n’y voit rien !
Et pourtant Quelqu’un nous dit : « Veillez ! » « Ne dormez pas ! Le jour viendra bientôt !»
Pourtant la nuit est si longue qu’il n’est plus croyable que le jour puisse exister.
Mais si c’était vrai ?
Et si ce jour venait nous rendant la lumière et les couleurs,
et surtout la possibilité de nous embrasser ?…
Plus de solitude ;
plus de sommeil pour oublier qu’il fait noir dans nos cœurs.
Une joie nous attend au bout de la nuit : Veillons !
Veillons ensemble dans la foi en Celui qui nous dit de guetter son retour. Il viendra.
Il vient déjà si vous vivons et agissons dans le désir de Le voir.
“Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu !”
Nous ne serons pas surpris de sa venue si nous voulons garder sa volonté.
« Maranatha, viens Seigneur Jésus ! »