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Solennité de Saint Dominique 2019

Fr Raphaël de Bouillé op

Luc 10. 1-10

Introduction de la messe :

Homélie :

« Je t’adjure en présence de Dieu et du Christ Jésus (…) au nom de sa manifestation et de son Règne : proclame la Parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, menace… »2 Tm 4, 1-2

Frères et sœurs, dans notre épître, tout ressemble à Dominique, sauf une chose ! L’avez-vous repéré ? Ce n’est pas la présence à Dieu, dont le frère Matthew nous a si bien parlé pendant cette neuvaine. Nous reconnaissons son activité missionnaire dans le Lauragais, les cathares qui ne supportent plus dépôt de la foi et qui multiplie les maîtres. Nous reconnaissons sa sobriété et ses jeûnes, les souffrances qu’il a enduré sur les chemins, les disputes où il a fait œuvres d’évangéliste, enfin le ministère qu’il a accompli dans la foi pour fonder l’Ordre, disperser 16 frères dans quatre capitales européens pour obéir à la demande de fonder un Ordre universel.

Il y a bien cependant une chose qui ne ressemble pas à Dominique : « Menace ! » Nous ne sommes pas les prédicateurs de la mauvaise nouvelle d’une menace, mais bien les prédicateurs de la bonne nouvelle du salut. Comment le comprendre ?

Nos trois lectures ont un thème commun qui est la clé : « Qu’ils sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, (…) de celui qui dit à Sion : ton Dieu règne ! (Is 52, 7) ». Puis, « au nom de sa manifestation et de son règne » (2 Tm 4, 1) et enfin dans l’évangile : « dites-leur : le règne de Dieu est venu jusqu’à vous » (Lc 10, 9). Dieu le Père règne. Par le don de son Fils, sa venue, sa prédication, sa mort et sa résurrection et le don du Saint-Esprit consolateur, Dieu a pris autorité sur le mal, le péché et la mort.

C’est pour cela qu’un chrétien peut être triste, il n’est jamais désespéré. J’avais 12 ans quand papa est mort d’un cancer des poumons et dans le cimetière de Bourgueil, dont les cyprès semblent toucher le ciel, j’étais profondément triste, ma mère était veuve à 42 ans et pourtant, je n’étais pas désespéré, Dieu aurait le dernier mot sur le mal et la mort et il l’a montré jusqu’ici dans ma vie.

Vous connaissez sans doute ce proverbe chrétien : « ne dit pas à Dieu que tes problèmes sont grands, dites à tes problèmes que Dieu est grand. » C’est clairement la menace : on peut dire à Dieu que nos problèmes sont grands. Mais entre Dieu et nos problèmes, c’est le plus grand des deux qui va organiser notre vie. Nous allons lui rendre un culte, en faire le centre de nos conversations et de nos prières.

C’est une des grandes raisons de nous réunir dans la liturgie : dire aux problèmes de mon frère, de ma sœur, de nos amis qui prient avec nous, que Dieu les a déjà cloués à la Croix, que Dieu les a déjà brisés contre le roc.

C’est pour cela, Seigneur, que nous venons à cet autel pour proclamer que tu es le plus grand. Nous proclamons ta mort, par laquelle tu nous délivres de nos problèmes, de nos péchés, du mal et de la mort. Nous célébrons ta résurrection, par laquelle tu nous donnes accès à ton Père dans l’Esprit. Nous attendons ta venue ici à cet autel, et sa plénitude dans la gloire.