Close

Marie Mère de Dieu 2018 B

Fr JB Régis op Strasbourg

1er Janvier 2018

Lc 2.16-21

L’atmosphère de Noël nous enveloppe encore en ce premier jour de l’année. Nous sommes venus voir ici à Chalais pendant cette célébration, tout comme les bergers, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Hier soir, dans la nuit silencieuse de cette montagne, on aurait pu nous prendre pour l’armée céleste qui chantaient les louanges de Dieu ! Mais ce matin, nous sommes plutôt les bergers. Nous sommes venus en hâte des environs. Et qui nous rencontrons en premier ? Marie … qui se tient là avec Joseph et le nouveau-né.
Une année, j’ai accompagné des lycéens au pèlerinage du rosaire à Lourdes. Imaginez le choc que Lourdes peut être pour des lycéens, non-croyants pour la plupart, habitués à la dure vie de nos banlieues, dans lesquelles on se fait rarement des cadeaux. Et là, à Lourdes, silence devant la grotte. Personne pour te juger, personne pour te prendre la place, personne pour te dire ce que tu dois faire. Rien, simplement être là. Devant Marie. Ces lycéens n’avaient sans doute jamais fait l’expérience d’une telle paix. Je me rappelle encore les pleurs quand il a fallu rentrer chez soi.
Adolescent, on commence à prendre conscience de sa personnalité, de son être unique, qu’il va falloir affirmer, revendiquer. Et c’est là que peut naître le sentiment de solitude, sentiment qui resurgit bien souvent au cours de la vie et qui cache simplement le désir d’aimer et d’être aimé.
Cette solitude, bien des mystiques en ont parlé. Et ils témoignent du moteur qu’elle est pour aller vers Dieu et le chercher sans relâche. Rappelons-nous les mots de saint Augustin : tu nous as fait pour toi Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi.
Marie, la mère de Dieu, est la première qui présente au monde son Fils. Elle offre l’Emmanuel, Dieu avec nous, celui qui vient demeurer parmi nous, celui qui vient communier à notre vie. Célébrer la mère de Dieu, c’est accueillir dans la continuité de Noël, celui qu’elle offre tendrement, Dieu fait homme, qui vient illuminer notre solitude.
Combien parmi nos contemporains vivent cruellement cette solitude, le sentiment que personne ne peut les comprendre, le sentiment d’être objet non pas de communion, mais de consommation ? L’Évangile nous parle de bergers qui viennent adorer l’enfant de Marie. Et à leur retour, ils s’en vont en glorifiant et en louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient vu et entendu. Saint Luc utilise ici les mêmes mots que dans son livre des Actes des Apôtres, lorsqu’il décrit les premières communautés chrétiennes, celles qui vivent dans la communion, n’ayant qu’un cœur et qu’une âme. Peut-être ces bergers sont-ils la première communauté chrétienne, c’est-à-dire une communauté fondée sur la communion avec le Christ, dont le cœur est dans le cœur de Jésus. Ils témoignent ainsi que la source et la fin de la communion entre nous est la communion avec le Fils de Dieu, celui qu’ils ont contemplé dans la mangeoire.
C’est pourquoi je voudrais formuler ce vœu en ce début d’année. Que chacun de nous puisse recevoir de la mère de Dieu son Fils qui vient communier à notre vie et combler de sa présence notre solitude, et que chaque communauté chrétienne puisse comme Marie offrir au monde le Christ pour apporter la paix !