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12ème Dimanche du TO - A

Fr Jean-Baptiste Rendu op

25 Juin 2017

Mat 10.26-33

Généralement on aime bien les confidences ! Il n’y a qu’à voir le succès des nombreux magazines people aimant se faire l’écho des confidences de l’une ou l’autre célébrité.
Eh bien si on aime les confidences, nous devrions apprécier les textes de ce jour !
Si je reviens à la première lecture. Ce passage fait partie de ce qu’on appelle techniquement les « Confessions de Jérémie », mais que l’on peut très bien appeler aussi les « Confidences de Jérémie ». En effet dans ce monologue, le prophète Jérémie nous dévoile le plus intime de lui-même : ses sentiments, ses doutes, ses peurs, sa colère mais également ses espérances et ses joies ; On y découvre que sa vie est un continuel paradoxe : ce qui fait sa joie la plus profonde, sa raison de vivre, son assurance… En filigrane, on y découvre également la source de toutes ses souffrances : c’est la Parole de Dieu. C’est parce qu’il proclame la Parole de Dieu qu’il est persécuté ; mais c’est cette même Parole qui lui donne la force de continuer.
On dit souvent que « Nul n’est prophète en son pays », cela s’applique parfaitement à Jérémie. Il a été un très grand prophète mais c’est seulement après sa mort qu’on s’en est aperçu. De son vivant, sa parole était trop dérangeante et entraînera des calomnies, persécutions à son égard.
Que lui reprochait-on ? Simplement d’avoir le courage de dire la vérité, en dénonçant les infidélités de son peuple quant à aux exigences de l’Alliance avec Dieu.
Dans l’évangile Jésus se livre également à quelques confidences : « ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. » Contrairement à Jérémie, Jésus ne déballe pas ses états d’âmes, mais invite ses disciples à ne pas être dans la CRAINTE. Il suffit d’entendre l’insistance de Jésus à dire « Ne craignez pas » pour penser que les disciples avaient de bonnes raisons d’être inquiets ! Effectivement, après leur avoir annoncé qu’il les envoyait en mission (c’est l’évangile qui précède), il ne leur cache que l’entreprise ne sera pas sans risque : « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups … Prenez garde aux hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues ; vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi…Vous serez haïs de tous à cause de mon nom. » et Jésus de poursuivre : « Ne craignez pas les hommes… ». Les apôtres sont donc prévenus et pourtant Jésus les invite à avoir l’audace de témoigner quand même.

Ces lectures, sont donc à entendre comme un envoi un mission. Ils nous ramènent donc à l’exigence de notre vocation baptismale, celle d’être un témoin du Christ et de son évangile dans notre monde d’aujourd’hui !
Témoin du Christ et de son évangile. Mais à quelle condition ?
Le disciple-témoin n’est pas un porte-parole étranger au message qu’il annonce. Il appartient à ce message et il doit supporter les risques d’un témoignage dont il partage la responsabilité : Lorsque nous acceptons d’annoncer le Christ et d’en témoigner par notre vie, nous acceptons aussi le risque des incompréhensions et des oppositions. Mais cela ne doit pas nous décourager pour autant car cette parole que nous transmettons n’est pas la nôtre, mais celle d’un autre : “Ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire. Ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment.” (Matthieu 10. 19)

Si la Parole vient effectivement d’un Autre, cette Parole nous traverse et vient nous habiter avant que nous ne La transmettions à notre tour à d’autres. Le témoin de l’Évangile ne peut être que le reflet de la relation qu’il entretient lui-même avec Dieu par le Christ-Jésus. Notre témoignage doit être l’expression de l’Esprit-Saint qui a investi tout notre être et qui le fait vivre : Nous avons à vivre de Jésus-Christ et c’est notre vie qui, alors, sera le premier discours que nous adressons à nos frères. C’est une mission exigeante qui implique l’engagement total de nos vies.