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Mardi de la 3ème semaine du TP - 2017

Fr Eric de Clermont-Tonnerre op

Jn 6, 30-35

Quel signe vas-tu accomplir pour nous puissions le voir et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?
Nous retrouvons les deux mots importants de l’Évangile selon saint Jean dont nous avons parlé hier : quel signe ? quelle œuvre ?
Les interlocuteurs de Jésus évoquent alors la manne donnée par Dieu dans le désert, sans se rendre compte que ce don laissait ouverte une question. Le mot « manne » vient de l’hébreu « man’hou » qui signifie : « qu’est-ce que c’est ? »
La foule demande un signe, une œuvre, mais elle en a eu déjà plusieurs, et plusieurs fois elle s’est posée la question : « man’hou ? qu’est-ce que c’est ? »
Qu’est-ce que c’est que cette autorité
qu’est ce que c’est que cette sagesse ?
qu’est-ce que c’est… ces miracles ?
qu’est-ce que c’est… il pardonne les péchés ?… il parle à une Samaritaine ?
Déjà au désert il fallait expliquer le don de la manne. Au livre du Deutéronome (chapitre 8, versets 2-3), on lit ceci :
« Souviens-toi de tout le chemin que le Seigneur ton Dieu t’a fait faire pendant quarante ans dans le désert, afin de t’humilier, de t’éprouver, de connaître le fond de ton cœur : allais-tu ou non garder ses commandements ? Il t’a humilié, il t’a fait connaître la faim, il t’a donné à manger la manne que ni toi, ni tes pères, n’aviez connue, pour te montrer que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais que l’homme vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu »

Qu’est-ce que c’est ? Le pain et la parole ! Recevoir le pain, certes, comme un don merveilleux, mais écouter la parole, comme un don plus grand encore, plus sûr. Le pain reçu peut faire de nous des consommateurs, avec tous les défauts des consommateurs que nous sommes, la peur de manquer, le réflexe d’accumuler, la tentation de tricher. Le pain reçu peut faire de nous des soumis sous un sauveur du monde ou un sauveur de la nation, un chef illusoirement tout puissant ! La parole, elle, suscite des sujets, des personnes responsables qui peuvent interroger, contester. Le pain rassasie. La parole creuse le désir de la rencontre, de la relation, du dialogue.
« Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas »

« Le pain de Dieu c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde
« Seigneur, donne-nous toujours de ce pain là »
Je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

Alors le pain ou la parole ? La parole plutôt que le pain ? Non, le pain et la parole ! Le pain qu’est la parole ! Car Lui, le Pain de vie, est la Parole, le Verbe de Dieu.

Il est un refrain qui caractérise le début des Actes des Apôtres. Cette formule étonnante : « la parole de Dieu grandissait » (Ac 6, 7) Étonnante cette parole qui grandit elle-même.

C’est parce que la parole grandissait que les apôtres instituèrent les sept premiers diacres – dont Etienne – pour que le service de la parole et le service des tables soient tous deux assurés convenablement : le pain et la parole.
Ces deux dons précieux pour notre vie renvoient au Donateur le Père. Mais ils renvoient surtout au Don Unique, le Christ Lui-même :
« il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ! »
« ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne! »

Jésus : Père, entre tes mains je remets mon esprit !
Étienne : Seigneur Jésus, reçois mon esprit !

« Entre tes mains, Seigneur, je remets ma vie.

« Entre tes mains, Seigneur, nous remettons notre vie. »