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24ème Dimanche du TO - C

Fr J. Rousse-Lacordaire op

12 septembre 2010
Partager la table des pécheurs, ce n’est pas prendre pour de bonnes compagnies les mauvaises ou s’y complaire, ni fermer les yeux ou excuser au motif que, tant que les hommes seront ce qu’ils sont, il en ira toujours ainsi, etc. Ce dont il s’agit, c’est au contraire de reconnaître la faute, le péché, le mal, là où ils sont, tout en sachant qu’ils ne sont pas irrémédiables et que nul se réduit à ses méfaits.
Ainsi de ce berger : il a vu l’égarement et il y reconnaît une perte qui le grève ; alors il abandonne un temps tout son troupeau pour une seule brebis égarée, et la cherche, et la trouve et la porte pour la ramener, et il s’en réjouit d’une joie qu’il veut aussi nôtre, comme se réjouit d’une semblable joie la femme qui a retrouvé sa drachme, le père qui à qui le fils parti revient et qui se précipite à sa rencontre.
Une joie nôtre : parce que ce mouvement qui porte le berger, la femme et le père à la recherche de l’égaré, nous pouvons le reprendre à notre compte, en allant au-devant des pécheurs, ou de ceux que nous jugeons tel, quitte à nous trouver, à notre tour, apparemment en bien mauvaise compagnie. Apparemment, car c’est au moins à double titre qu’est là notre place : parce que nous ne sommes peut-être pas aussi biens que nous le croyons, et, surtout, parce que le Christ y est, qui nous attend. Et lui, il est assurément de très bonne compagnie.