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Fête des Saints Simon et Jude 2009

Fr Philippe Dockwiller op

28 Octobre 2009

Pourquoi fêtons-nous les Apôtres ? Nous pouvons nous réjouir en effet parce qu’ils nous ont transmis l’annonce de la bonne nouvelle : toute notre gratitude à vous, saints Simon et Jude !
Mais pouvons-nous en rester là ? Nous pouvons aussi essayer d’entrevoir, à quelques jours de la Toussaint, en quoi la vie des Apôtres nous concerne au premier chef, même si nous ne sommes pas apôtres, mais retirés ici dans la montagne, à mener une vie apparemment loin des soucis du monde. Car il y a au moins deux façons de fêter un anniversaire : jauger la fête comme de l’extérieur, ou bien la célébrer parce que la naissance d’un parent, d’un frère, ou d’une soeur, d’un enfant, d’un ami, nous concerne vraiment à titre premier. En quoi sommes-nous concernés par la qualité apostolique de la sainteté de Simon et Jude ?
Une force sortait de lui qui les guérissait tous. L’Église est de part en part traversée par cette force. La fête de la communion des saints qui approche est un éclat du temps pascal dans l’automne. C’est l’occasion de nous souvenir des événements de la nuit sainte. Lors de la vigile pascale, nous vivons ce moment unique dans l’année où nous recevons la lumière, c’est-à-dire, le signe de notre résurrection, de notre baptême, et de notre filiation. Nous recevons la lumière d’un frère, d’une soeur, que nous ne connaissons pas toujours. La lumière et la force qui viennent du Christ traversent tout le corps de l’Église. Cette transmission liturgique de la lumière exprime le mystère apostolique de l’Eglise, comme lorsque nous « donnons » la paix du Christ d’ailleurs.
Cette unité n’empêche pas la multiplicité des charismes et la distinction des missions. Mais la réelle diversité de nos vies peut tenir dans l’invitation qui à notre insu souvent existe dans les rencontres préparées en Dieu. Voici l’annonce apostolique : « Veux-tu que Dieu soit ton Père ? » Cette question incroyable est adressée aux humains et n’est proposée ni aux anges, ni aux arbres, ni aux vaches qui ont quitté l’alpage ces jours derniers. Dans la prédication apostolique, il est bien question de cette adoption et de cet héritage. Et dès que Dieu manifeste en nous son Fils, il y a un mystère apostolique d’accompli. La mission de l’Église ne dépend pas d’abord des grands moyens de communication sociale, mais plutôt de notre adhésion à la filiation divine. Lorsque nous serons entièrement tournés vers le Père, par le Fils et dans l’Esprit, nous serons apôtres. Et nous rencontrer sera pour autrui le temps de la guérison et du salut.
L’Église une, sainte, catholique et apostolique est manifeste dans cette vie filiale que nous partageons et transmettons. A titre communautaire, comme à titre personnel, chacun, chacune est concerné par cette adoption possible et inouïe, cette filiation que le monde attend. Que saints Simon et Jude intercèdent pour nous en ce jour de leur fête.