
Solennité de la Sainte Trinité 2026
Sainte Trinité, origine et lieu de la vraie paix
Jn 3. 16-18
« Fiche-moi la paix ! » Frères et soeurs, chers amis, peut-être n’avez-vous jamais prononcé de telles paroles, mais vous devez les avoir entendues. Quelle est donc cette paix dont il est ici question ? Je vais l’appeler paix de repli. Mais au fait, pourquoi vous parler aujourd’hui de paix en cette fête de la Sainte Trinité ? Pour au moins deux raisons. La première est qu’il en est question à deux reprises dans la deuxième lecture : « vivez en paix », et « donnez-vous un baiser de paix ». La deuxième est que la Trinité est un modèle de paix.
Il existe plusieurs modèles de paix. Je viens de vous parler de celle que j’ai nommée « paix de repli ». Elle invite au repli sur soi, en évitant toute interaction avec des tiers. Comme si chacun se suffisait à lui-même. Il existe un lieu pour la vivre, si je puis dire, et son nom la décrit fort bien : c’est la paix des cimetières.
Le modèle de paix le plus connu est celui que prônent les puissants, c’est la paix de l’équilibre, en général celui des forces. Elle existe sous l’appellation « paix des braves » après une guerre. Elle est instable, précaire, provisoire parce qu’elle ne résulte pas d’un engagement durable : on le voit plus que jamais aujourd’hui dans notre monde.
Et voilà donc la Trinité. Elle est seule à s’abstenir de tout rapport de forces, et à engager totalement et sans retour chacune des personnes qui la composent : elle est communion d’amour. Elle met le doigt, si je peux parler ainsi, sur ce qui doit être au cœur de toute paix si l’on veut qu’elle ne disparaisse pas au premier clash, à savoir l’amour. Cette paix là, pour les personnes qui veulent la mettre en application, demandent de la patience, du temps, de l’humilité,du dialogue. Vous en avez une illustration dans le fameux tableau de Roublev dont le vrai nom est « Hospitalité d’Abraham » et dont vous pouvez voir une représentation ici même, à côté de la chapelle du Saint-Sacrement. Cette paix ne s’impose pas, elle se reçoit. Justement d’un appel à la Trinité, dans la prière. Comme le rappelle l’évangile de ce jour, cette paix fondée sur l’amour est celle qui a présidé à l’Incarnation : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ».
Frères et sœurs, il ne suffit pas de se déclarer chrétien pour être un facteur de paix. Les prix Nobel de la paix ne le sont pas tous et c’est très bien ainsi. En revanche, le chrétien ne peut se déclarer tel si la quête de la paix ne se trouve pas au cœur de ses préoccupations et de son action. Pour lui en effet, cette paix se vit au plus haut point et dans sa vérité dans la Trinité sainte que nous vénérons aujourd’hui. N’oublions pas de nous tourner vers elle pour en recevoir la paix.
