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Méditation du dimanche par une sœur de Chalais 2021-2022 C

4ème Dimanche de Pâques -Année C- 8 mai 2022

Dans la main du Père…

Jn 10, 27-30

Après s’être révélé comme la porte et le berger des brebis, Jésus est au Temple lors de la fête de la Dédicace. La tension monte : les Juifs l’encerclent et tout de suite après, ils ramasseront des pierres pour le lapider. Voici le contexte de l’évangile de ce dimanche. Jésus lui-même fait ici l’expérience d’être dans la main du Père. Et devant ses ennemis, son cœur « est sans crainte ».

Si l’Église nous fait méditer cet évangile au milieu du temps pascal, c’est sans doute pour nous fortifier dans la foi dans la victoire du Christ contre le mal.

« Personne ne les arrachera de ma main. (…) Personne ne peut les arracher de la main du Père. » Les termes sont forts. D’une part, nous sommes dans la main du Fils et du Père. Notre liberté n’est pas niée, attention. Cela veut juste dire qu’en tant que créature, nous sommes dans leur main, bénéficiant de leur amour et de leur protection. D’autre part, si personne ne peut nous en arracher, cela veut aussi dire que le mal aura beau déferler, ce lien d’amour demeurera, toujours.

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3ème dimanche de Pâques –Année C- 1er mai 2022 –

Va Pierre, passe devant nous!

Jn 21,1-19

Les disciples ont quitté Jérusalem, et leur pièce bouclée à double tour, avec au cœur la joie, la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus. Mais ils sont toujours aussi pauvres, les mains aussi vides que leur filet. Ils n’ont rien à manger, comme les foules de Galilée qui avaient été rassasiées non loin de cette mer de Tibériade où ils pêchent maintenant.

Et voilà le Seigneur à l’aube, rien que pour eux, pour partager le pain et les poissons, ce pain qui permettra de reprendre la route.

Car, pour Pierre, il y a de nouveau une route à suivre derrière le Christ : « Viens, suis-moi » Non plus sur les chemins de Galilée, pas même en essayant de marcher à nouveau sur les eaux de cette mer. Mais « Viens, suis-moi » dans la vie donnée, la mort acceptée pour le Christ. Il le peut : il a goûté la miséricorde, il a en lui la Parole vivante, le pain de Vie.

Va Pierre, passe devant nous, guide-nous dans la suite du Christ. Avec toi nous redirons « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime » « Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la Vie éternelle! »

 

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2ème dimanche de Pâques C. Dimanche de la miséricorde.

Jn 20, 19-31

Pourquoi ?

Pourquoi Thomas, l’incrédule, a-t-il cru en la résurrection de Jésus ?
Il a eu ce qu’il a voulu. Jésus lui a présenté ses mains portant la marque des clous et son côté transpercé. Sans lui faire un sermon, il a accédé à sa demande impérative de voir et toucher. Mais l’a-t-il fait, notre Thomas ? L’évangile ne le précise pas. Cela n’a plus d’importance. Thomas voulait toucher mais c’est lui qui a été touché le premier. Transpercé par la lance de la miséricorde, son cœur s’est ouvert à la foi.
La Béatitude qui clôt l’évangile, nous est réservée, nous qui n’avons jamais vu Jésus « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! »
Seigneur, accorde-nous aujourd’hui de croire sur Parole, la Tienne.

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« Avançons-nous vers Lui ! »

Dimanche des Rameaux – Année C

10 avril 2022

Lc 19, 28-40

La foi, dit l’épître aux Hébreux, est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître les réalités qu’on ne voit pas. Pour s’avancer vers Dieu, il faut croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent (He 10,1 sq).

Nous entrons ce soir dans les célébrations de la Grande Semaine – la Semaine Sainte. Rameaux à la main, comme autrefois les habitants de Jérusalem, nous allons nous avancer vers le Christ, prêts à recevoir de lui la grâce et la vérité.

S’avancer vers lui, s’avancer avec lui au-devant de la mort, sans légèreté ni insolemment, car elle nous écrase, aujourd’hui encore. Et cependant, oui, nous le croyons, sur le bois de la Croix s’est jouée une fois pour toutes et en notre nom la remise de soi entre les mains du Père. Cela, le Christ l’a accompli pour nous, dans la force et la douceur de son Esprit : la vérité de l’amour.

 

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Va !

5ème Dimanche de Carême – Année C

3 avril 2022

Jn 8, 1-11

Le récit de la femme adultère, avec la mention du mont des oliviers nous conduit vers le procès de Jésus et sa crucifixion. Exposée au vu de tous, la femme prise en flagrant délit d’adultère n’est que prétexte pour tendre un piège à Jésus. En dépit des apparences, il est l’accusé principal des scribes et des pharisiens.

En gardant le silence et en s’abaissant pour tracer des mots indéchiffrables, Jésus refuse de se mesurer à la Loi de Moïse. Il déplace la question de ses accusateurs, et par une sentence il met à jour leur mensonge et leur hypocrisie: « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Les voilà renvoyés à leur propre vie, ils sont pris à leur tour en flagrant délit d’injustice, ils se retirent l’un après l’autre. Jésus reste seul en face de la femme et lui adresse une parole de salut. Contre toute attente, elle est la bénéficiaire privilégiée de la miséricorde divine et sa vie est propulsée en avant : « Va, et désormais ne pèche plus ! »

Jésus prend sur lui la condamnation de cette femme, comme il portera et emportera les péchés du monde sur la croix. Dans l’attente de l’aube pascale, offrons-lui tout ce qui n’est pas amour véritable en nous.

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Un cœur de Père

4ème Dimanche de Carême – Année C

27 mars 2022

Lc 15, 1-3.11-32

Face à l’accueil que Jésus réserve aux pécheurs, les pharisiens et les scribes murmurent. Jésus s’adresse à eux avec une parabole : « Un homme avait deux fils… » Nous connaissons trop bien cette histoire tant elle peut faire écho à nos vies, nos histoires familiales, communautaires. N’est-il pas normal que le fils aîné vive comme injuste l’accueil que le père réserve à son jeune frère ? Nous sentons bien l’impasse dans laquelle nous sommes si nous raisonnons uniquement à vues humaines. Mais Jésus nous révèle la grandeur infinie de l’amour du Père pour chacun de ses enfants.

Il est le fils aîné, premier-né d’une multitude de frères. Il est Celui en qui la Parole du Père s’accomplit : « Tout ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi. » Il n’a qu’un désir : « Que tous soient un » comme il ne fait qu’un avec son Père. Puissions-nous nous reconnaître pécheurs et accueillir humblement le salut gratuit que le Père nous offre en son Fils. Goûtons à la joie du ciel pour un seul pécheur qui revient à la vie !

 

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Annonciation du Seigneur à Marie

« Grandes, merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur, O Roi des nations ! »
Aux yeux du monde, tes œuvres semblent bien petites et même insignifiantes :
– un embryon dans le sein de sa mère,
– une toute jeune fille enceinte,
– dans un village perdu de Galilée…
Mais aux yeux de la foi, c’est tout autre chose :
– Dieu, le Créateur du monde, prend notre chair, descend, se fait tout petit, ô combien vulnérable en ce lieu caché de tous. Ainsi, Il ne dédaigne pas notre nature avec ses limites et ses contraintes pour nous rejoindre et nous sauver.
– Dieu vient – Il est là au milieu de nous et une seule créature est informée pour le moment : Marie. « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ». Il lui est même demandé de participer à ce grand mystère.
– Marie, figure de l’Église, appelée à porter Dieu au monde. Marie peut se réjouir : « Tressaille d’allégresse fille de Sion » et nous aussi nous pouvons dire : « Grandes, merveilleuses sont tes œuvres, Seigneur, O Roi des nations ! » Tu es là Dieu-avec-nous !

 

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ANNIVERSAIRE DE LA DÉDICACE DE L’ÉGLISE DE CHALAIS

Dans l’émerveillement et la gratitude, nous célébrons l’anniversaire de la dédicace de l’église de Chalais. Le 22 mars 1101, avait lieu la consécration de cet édifice de pierres, construit avec tant d’harmonie et de sobriété par les moines chalaisiens.
Depuis plus de neuf siècles, des frères et des sœurs ont voué leur vie au Dieu de Jésus-Christ, et laissent monter leur louange et leur supplication dans la patience de la foi, jour après jour, sous cette clef de voûte polychrome. L’inscription autour de l’Agneau pascal est la suivante : « Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde, donne-nous la paix. » Cette prière est la nôtre, aujourd’hui encore.

Dans le silence de la Chartreuse, Notre Dame de Chalais est appelée à être une demeure de paix pour la multitude, toute tendue vers la Jérusalem céleste, « ville où tout ensemble ne font qu’un » (Ps 121).

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Urgence à nous convertir !!

Lc 13, 1-9

Le 3ème Dimanche de Carême pourrait être appelé le «dimanche de la mi- pente» car nous sommes déjà loin de l’enthousiasme du départ et encore loin de l’arrivée qu’est la fête de Pâques.
L’évangile de ce dimanche peut nous secouer sérieusement, si nous sommes
tentés de rebrousser chemin ou de ralentir le rythme de nos efforts,.

Jésus, en effet, nous prévient:
nous ne sommes pas moins pêcheurs que les autres.

Et Il ajoute «si vous ne vous convertissez pas vous périrez comme eux».

Il y a urgence à nous convertir!!

Mais, dans la parabole du figuier, à l’urgence de la conversion
répond la patience inépuisable de Dieu.
N’épuisons pas en vain le sol de nos vies trop courtes.
Laissons le Seigneur bêcher notre cœur , secouer le fumier qui s’y trouve et l’arroser de sa grâce et des larmes de notre repentir.

Sa gloire c’est que nous portions beaucoup de fruits.

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Montagne de la Transfiguration

Lc 9,28b-36

Après la montagne du combat spirituel, nous voici arrivés ce dimanche à une autre montagne pour recevoir l’encouragement dans le mystère de la Transfiguration. Qu’y voyons-nous ?

Nous y découvrons d’abord que Dieu est bien présente dans la chair de Jésus. C’est dire l’importance que Dieu porte à notre corporéité, à notre humanité. Oui, Jésus « transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux ».(phil 3) Nul ne peut prétendre à faire des hommes de la chair à canon, même pas Mr Poutin !

En ce temps où le vent de la guerre souffle, faisons comme Pierre, Jacques et Jean : laissons-nous attirer par Jésus à l’écart sur la montagne. Pierre vient de le reconnaître comme le Messie, et le Père révèle qu’il est son Fils, un Fils qui va vivre son « Exode » pour nous sauver. C’est lui, Jésus, notre Lumière, par sa Parole et par ses actes, lui qui, à l’heure de la souffrance et de la mort, s’est arc bouté au Père.

La Transfiguration nous rappelle que notre avenir, c’est Dieu le Père. Là dans ce monde nouveau, Il essuiera toute larme, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur. Voilà l’horizon ! Là nous lui rendrons pleinement grâce de nous avoir ainsi conduits.

N’ayons pas peur et ne nous décourageons pas ! Jésus est avec nous. Il nous fera passer de ce monde au Père. Marchons avec lui !

 

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La grande épreuve du désert

Premier Dimanche de Carême. 6Mars 2022.

Luc 4, 1-11

Le premier dimanche de Carême, c’est la grande épreuve du désert. Selon saint Matthieu, Jésus s’affronte à trois tentations qui n’en font qu’une : vivre sans le Père.
La tentation pour nous, c’est le ver dans le fruit, l’irrésistible désir de s’affranchir de la source, de ne rien devoir à Celui de qui tout vient, de s’emparer du don de Dieu au lieu de le recevoir de sa main.
Le ver qui nous ronge, ce péché « originel », n’a aucun pouvoir sur le Christ. Il en sent la morsure mais n’est pas empoisonné. S’il nous rejoint jusque là, c’est pour nous « délivrer du mal ». Enfin arrachés à l’auto-esclavage, nous découvrons la vraie liberté des enfants de Dieu.
Avec le Christ, nous sommes équipés pour combattre le « bon combat ». Non pas un combat d’idées mais un combat à la vie à la mort, en ce lieu caché où notre âme rétive résiste à l’amour : « je ne servirai pas ». Le « oui » du Serviteur est l’antidote à ce poison. « Que ta volonté soit faite ».

 

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Aimer, mais à quel coût ?

Lc 6, 27-38

« Aimez vos ennemis, …, A celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre joue. »

En lisant l’évangile de ce dimanche nous nous disons sans doute d’abord qu’il ne faut pas le mettre en pratique de manière trop littérale. Mais est-ce suffisant ?

Si nous prêtons une oreille attentive à l’appel du Christ, sa question est simple : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, que faîtes-vous d’extraordinaire ? » La perspective est renversée. Jésus nous appelle à élargir notre cœur, à aimer tout homme, y compris lorsque cela nous coûte. Et au fond, n’est-ce pas le désir profond qui nous habite ?

Avec une légère ironie, qui révèle sa bonne connaissance du cœur humain, Jésus parle de « mériter une reconnaissance ». Nous faisons tous l’expérience d’aimer pour pouvoir être aimé en retour. Le Christ nous fait découvrir l’amour libérateur de son Père, qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons. Si nous accueillons cet amour, si nous consentons à devenir fils et filles de Dieu, alors nous pourrons aimer en vérité, même nos ennemis.

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Embarqué au grand large !

5ème Dimanche du TO Année C

Lc 5, 1-11

Aujourd’hui, Jésus est sorti de la synagogue, il prêche en plein air. La foule est massée autour de lui, buvant ses paroles. Quant à Simon, il se laisse embarquer, au grand large. C’est ce qui nous est proposé en ce dimanche, le premier jour de la semaine, qui sera peut-être notre premier jour, celui où tout commence.
Oui, Simon-Pierre est littéralement embarqué dans son propre esquif que Jésus a réquisitionné. La nuit a été longue, les filets sont vides. Contre toute logique humaine, il fait ce que Jésus lui dit et s’avance en haute mer. L’acte de foi précède le miracle de la surabondance, Simon croit en Jésus sur parole, sans preuve.
Le don surpasse tout désir, toute espérance. Comme Isaïe dans la splendeur du Temple, Pierre, tombe à genoux dans l’humilité de sa vie quotidienne. Dieu était là !
Les filets débordent de poissons, les cœurs débordent de reconnaissance. Nous sommes appelés, aujourd’hui.

 

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Echec à Nazareth !

Dimanche 30 Janvier 2022

Lc 4, 21-30

Jésus n’est pas reçu dans son pays d’origine. Ses compatriotes le connaissent trop, ou croient le connaître. Ils ne sont pas prêts à entendre ses paroles de grâce, car elles les dérangent: « Mais pour qui se prend-il ce fils de Joseph ? » A la synagogue, on passe très vite de l’admiration à la colère et au rejet. Difficile d’entendre que Jésus a une autre origine que celle de Nazareth.

Rien d’étonnant pour lui : les prophètes qui l’ont précédé en Israël ont subi le même sort, Elie et Elisée sont allés prodiguer la miséricorde divine en terre étrangère. Jésus fait de même. Il passe son chemin, la haine et la mort n’ont pas de pouvoir sur lui. La violence des siens peut bien se déchaîner, il en est vainqueur par l’innocence et l’amour.

Ainsi le drame de Nazareth annonce déjà celui de la Passion. Mais la croix n’est pas le dernier mot de l’histoire, il y a la victoire pascale. Elle est la signature d’amour du Père pour son Fils, envoyé pour sauver tous les hommes. Jésus n’est la propriété de personne, il est la Sagesse vivante offerte à tous.

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Excellent Théophile !

Dimanche 23 Janvier 2022

Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21

Excellent Théophile,
(aimé de Dieu et aimant Dieu)
Les fêtes de Noël t’ont parlé des origines de Jésus.
Elles t’ont manifesté qu’Il est bien le Fils de Marie et le Fils de Dieu, homme et Dieu.
L’archange Gabriel l’a attesté ;
Le Père, au baptême, l’a dit couvrant son Fils de l’Esprit et l’envoyant en mission ;
le diable lui-même, défait avec ses tentations au désert, y a goûté…

Et la semaine dernière le récit des noces de Cana t’expliquaient que Jésus est venu conclure des noces avec l’humanité, avec toi.

Alors aujourd’hui, à Nazareth, que découvres-tu de Jésus, de sa mission ?
Il est bien le Messie-Roi, l’Oint de Dieu annoncé par les Prophètes. Oui !
Il est celui qui vient pour donner
l’espérance aux pauvres,
la lumière aux aveugles,
la libération aux opprimés,
et la bénédiction de Dieu à ceux qui voudront bien la recevoir.

Aujourd’hui, entends-le, tout cela est pour toi si tu sais reconnaître que tu es pauvre, aveugle et nu.
N’attends pas ! Le Seigneur est à ta porte et il frappe. Lui t’attend pour te combler au-delà de tout ce que tu peux imaginer.
Alors la Parole faite chair pourra s’écrire dans ta vie et dans celle de ceux qui t’entoure.
Ouvre-lui !

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La joie des noces !

Dimanche 16 Janvier 2022

Jn, 2, 1-11

Pour ce retour au temps ordinaire, l’évangile nous emmène… aux noces. Cela nous dit déjà qu’avec le Christ, le quotidien de nos vies humaines, le plus ordinaire soit-il, est appelé à devenir le temps de l’alliance de Dieu avec chacun de nous. Par ce symbole des noces, la Parole de Dieu souligne que cette alliance est source de joie et d’une joie surabondante.

Et pour que cette joie advienne, tout est prévu. La mère de Jésus est là, attentive aux besoins des convives : « ils n’ont pas de vin ! ». Elle ne doute pas un instant que son Fils va agir. « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. », dit-elle aux serviteurs. Pas le temps de s’attarder sur la réponse bien sèche de Jésus. L’urgence est que la noce soit réussie et que personne ne s’aperçoive de rien, surtout pas le maître du repas. Pourtant, n’était-ce pas lui qui, normalement, aurait dû veiller à ce que les convives ne manquent de rien ? Et l’évangéliste st Jean va jusqu’à nous préciser qu’il ne savait pas d’où venait le vin ! Cela nous rappelle que Dieu seul pourvoit et qu’Il veille, sans se lasser, sur son alliance avec l’humanité.

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Baptême du Christ

Dimanche 9 Janvier 2022

Lc 3, 15-16.21-22

Qui est qui ? On les confond, Jean et Jésus. Jean met les choses en place : C’est Jésus le plus fort ! C’est la pure vérité. Jean, le plus grand des prophètes n’arrive pas à la cheville de Jésus, pas question qu’il dénoue ses sandales, comme le ferait un esclave.
Pourquoi Jésus plonge-t-il dans le même bain que nous ? Pourquoi est-il parmi nous comme un poisson dans l’eau ? Parce qu’il est l’un des nôtres. Il s’est enfoncé dans nos eaux boueuses pour les purifier et nous donner la vie, une vie frétillante et heureuse, une vie ressuscitée.
Le ciel se déchire alors que Jésus prie car « la prière du pauvre traverse les nuées » (Ben Sira, 35). Vol de colombe, vent de l’Esprit, Voix du Père : « Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé». Il est Fils de Dieu, ce fils de l’homme. En même temps qu’à lui, c’est à nous, enfants bien-aimés de Dieu, que le Père s’adresse. En nous comme en lui, Dieu trouve sa joie et nous la donne.

 

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Epiphanie

Dimanche 2 Janvier 2022

Mt 2, 1-12

Les mages… combien sont-ils ? Qui sont-ils ? On a dit 2, 3, 4 ou 8 rois, ou 12 sages. On fixera à 3 d’après leurs cadeaux (l’or, l’encens, la myrrhe), ou bien parce que depuis les jours de Noé, l’humanité se divise en trois branches (les fils de Sem, les fils de Cham, les fils de Japhet). Comme ils viennent de loin, il y a le Perse, l’Indien, l’Arabe, ou l’Éthiopien : Gaspard, Melchior et Balthazar. Ils ont affaire avec les grands, puisqu’ils sont reçus par Hérode le méchant.
Avec les distances, leur image se brouille, comme on passe d’une langue à l’autre. Ainsi vous pensez peut-être qu’ils sont d’habiles magiciens, ou de futiles astrologues ? En iranien, le mot magus veut dire « prêtre » ; en grec, il ne signifie plus que « sorcier, charlatan ». Pourquoi pas « marchand de tapis » ?
Non ! Les mages sont au contraire le symbole et la fine fleur de la culture d’Orient. Leur autorité est conjonction de science et de religion, agesse. Par leurs calculs, du haut de leurs tours qui montent jusqu’au ciel, ils ont appris à lire dans le sillage des astres. Ce n’est pas par hasard qu’une étoile les a mis en route vers Bethléem. Ils ont cru, à ce signe, qu’ils trouveraient du nouveau. Un mot les ancre dans l’Évangile : Épiphanie.
Épiphanie. Manifestation. Révélation. Ce mot est le plus beau des mots de la terre. Apparaître : tout le contraire du paraître. Comme une étoile qui commence à luire dans un ciel de nuit, l’Enfant est apparu dans la crèche. Il reçoit notre prosternation.

 

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Nativité 2021 – année C

Dieu ne met pas les éléments dans les bonnes cases…

Dieu ne met pas les éléments dans les bonnes cases… un peu comme un enfant qui tente de mettre un cube dans un trou rond, ou plutôt un gros cube dans un tout petit trou !

Dieu, Créateur de tout, se fait créature,
le tout-puissant devient nouveau-né,
l’éternel se fait temporel,
l’immuable, l’impassible, se fait vulnérable et mortel ;

une jeune fille d’un petit village retiré de Galilée consent à porter Dieu en elle,
les premiers qui reçoivent l’annonce de la naissance et adorent sont les bergers, gens peu recommandables vivant hors de la ville,
les riches, bénis de Dieu selon l’Ancien Testament, finiront les mains vides,
et les pauvres et humbles auront les mains pleines,
Jésus, Dieu, Prince de la paix, finira abandonné de tous, mourant sur une croix…

Scandale pour toute personne qui réfléchit, folie de Dieu.

Mais fallait-il que Dieu aille jusque là pour sauver l’humanité ?
Dieu étant tout-puissant, il semble qu’un claquement de doigts aurait suffit !
Mais tout cela faisait et fait encore partie du plan de Dieu, de son dessein pour nous sauver.
Si Dieu s’incarne, devient l’un de nous, c’est :
– parce qu’il nous aime, et veut nous sauver à tout prix, « quoi qu’il lui en coûte » et ce coût est exorbitant… mais grâce à sa naissance, sa vie, sa Passion, sa résurrection, nous croyons que la souffrance, la trahison, la haine, la solitude, la mort n’ont pas et n’auront plus jamais le dernier mot ;
– et parce qu’il nous respecte tels qu’il nous a créés, libres : il nous propose un chemin de salut dans la foi, l’espérance et la charité ; croire qu’il est Dieu, Père, Fils et Esprit ; vivre de lui, Amour, et aimer sa création ; espérer avec patience son retour et pouvoir le contempler.

Laissons-nous éclairer par la lumière véritable qui illumine les ténèbres du péché et de la mort,
reconnaissons le Créateur de tout, dans cet homme qui ressemble à tout le monde,
recevons celui qui est chez lui partout, mais ne s’impose pas et attend qu’on l’invite,
croyons en son nom, Jésus, Christ, fils de l’homme, fils de Marie, Fils de Dieu, Seigneur, Sauveur,
ainsi, nous naissons de Dieu et devenons enfants de Dieu par grâce,

Ainsi : « à tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,
eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang,
ni d’une volonté charnelle,
ni d’une volonté d’homme :
ils sont nés de Dieu. » (Jn 1, 14)

 

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Dieu a visité son peuple

4ème dimanche de l’Avent – Année C

Lc 1, 39-45

Deux femmes enceintes se visitent : l’une âgée et l’autre toute jeune et pas encore mariée. Tout un symbole, où la vie jaillissante ne semble arrêtée par aucun obstacle ! Mais à quelques jours de Noël, ce qui nous est donné à contempler est surtout le mystère d’un Dieu qui vient visiter notre humanité. Cette visite pourrait passer inaperçue, comme le mouvement de l’enfant dans le ventre de sa mère. Il y a quelque chose d’intime, de discret dans cette visite de Dieu à chaque homme. Et pourtant, remplie de l’Esprit Saint, Elisabeth clame haut et fort sa joie, elle témoigne ainsi de la puissance du salut de Dieu qui est en train d’advenir pour elle mais également pour tout son peuple.

Tout est en germe, en gestation, mais le don de Dieu est là. Si nous savons l’accueillir, nous ne pourrons que nous émerveiller en reprenant les mots d’Elisabeth : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

Ce que le Seigneur a accompli il y a plus de deux mille ans en Palestine, Dieu peut l’accomplir en nos vies aujourd’hui. Le croyons-nous vraiment ?

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« Il vient, celui qui est plus fort que moi. »

3ème dimanche de l’Avent – Année C

Lc 3, 10-18

Si on en croit Jean-Baptiste dans l’Évangile de ce 3ème dimanche de l’Avent : vivre dans la justice est une bonne façon de se préparer à accueillir le Messie. Cela n’avait rien d’original pour un prophète, mais quand il s’agit d’accueillir Dieu lui-même, cela change la perspective.

Cela doit-il nous faire peur ? Oui, si nous écoutons le Précurseur.

Pourtant, là, vraisemblablement, il n’avait pas toute la lumière. Il est vrai que la venue d’un plus fort était imminente mais Jean-Baptiste ne pouvait imaginer comment se déploierait toute la puissance de Dieu en notre humanité.
Non, le Fort n’anéantirait pas ses ennemis. Il se laisserait même tuer par eux. Il accepterait ainsi, par amour pour nous, l’extrême faiblesse pour recevoir la force de la résurrection.
Oui, le Fort est venu et a accompli sa mission par le chemin de la faiblesse et de l’anéantissement. « Ma force se déploie dans ta faiblesse. »

Pas facile d’entendre que c’est notre chemin à nous aussi chrétiens en Église.

Peut-être cela sera-t-il plus facile en regardant la Vierge Marie – en la priant – elle, la toute petite qui a su suivre son Dieu et son Fils en son abaissement.

Alors, en quoi consiste la joie de ce dimanche, direz-vous ? Eh, bien c’est celle des petits qui savent tout attendre de Dieu jusqu’à l’impensable : Dieu, là avec nous, bébé dans une crèche entre l’âne et le bœuf.

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Préparez le chemin du Seigneur !

2ème dimanche de l’Avent – Année C

Lc 3, 1-6

Serait-ce une immense pièce de théâtre qui se prépare ?
En ouvrant l’évangile de Luc tout se met en place : Les lieux : la Judée, la Galilée, l’Iturée et la Traconitide et même l’Abilène, avec leurs chefs respectifs , de l’empereur Tibère César aux grands-Prêtres Hanne et Caïphe . Tous les hommes de pouvoir sont bien là. dans leur solidité, leur avidité, leurs calculs… mais en bordure du lieu principal qui lui, est … un désert !
Tout est statique, figé dans l’habitude des grands de ce monde, immuable dans sa force…alors quelque chose ébranle le désert : une voix, une simple voix, la voix de Jean le prophète : sa Parole vibre, traverse la région, et réveille ceux qui l’entendent : « préparez le chemin du Seigneur ». Attention aux bousculades !
Les sentiers tordus des idées stériles seront redressés, les ravins des « fake news »et des chutes attendues seront comblés, les montagnes des orgueilleux seront rabotées… et tout être vivant verra le Dieu qui sauve les humbles.
Ne manquons pas ce qui va se jouer avec nous, et pour nous : c’est le temps de l’Avent et nous préparons la venue du Seigneur dans notre monde, aujourd’hui.