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Méditation du dimanche par une sœur de Chalais 2021-2022 C

Epiphanie 02 01 2022

Matt 2. 1-12

Les mages… combien sont-ils ? Qui sont-ils ? On a dit 2, 3, 4 ou 8 rois, ou 12 sages. On fixera à 3 d’après leurs cadeaux (l’or, l’encens, la myrrhe), ou bien parce que depuis les jours de Noé, l’humanité se divise en trois branches (les fils de Sem, les fils de Cham, les fils de Japhet). Comme ils viennent de loin, il y a le Perse, l’Indien, l’Arabe, ou l’Éthiopien : Gaspard, Melchior et Balthazar. Ils ont affaire avec les grands, puisqu’ils sont reçus par Hérode le méchant.
Avec les distances, leur image se brouille, comme on passe d’une langue à l’autre. Ainsi vous pensez peut-être qu’ils sont d’habiles magiciens, ou de futiles astrologues ? En iranien, le mot magus veut dire « prêtre » ; en grec, il ne signifie plus que « sorcier, charlatan ». Pourquoi pas « marchand de tapis » ?
Non ! Les mages sont au contraire le symbole et la fine fleur de la culture d’Orient. Leur autorité est conjonction de science et de religion, agesse. Par leurs calculs, du haut de leurs tours qui montent jusqu’au ciel, ils ont appris à lire dans le sillage des astres. Ce n’est pas par hasard qu’une étoile les a mis en route vers Bethléem. Ils ont cru, à ce signe, qu’ils trouveraient du nouveau. Un mot les ancre dans l’Évangile : Épiphanie.
Épiphanie. Manifestation. Révélation. Ce mot est le plus beau des mots de la terre. Apparaître : tout le contraire du paraître. Comme une étoile qui commence à luire dans un ciel de nuit, l’Enfant est apparu dans la crèche. Il reçoit notre prosternation.

 

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Nativité 2021 – année C

Dieu ne met pas les éléments dans les bonnes cases…

Dieu ne met pas les éléments dans les bonnes cases… un peu comme un enfant qui tente de mettre un cube dans un trou rond, ou plutôt un gros cube dans un tout petit trou !

Dieu, Créateur de tout, se fait créature,
le tout-puissant devient nouveau-né,
l’éternel se fait temporel,
l’immuable, l’impassible, se fait vulnérable et mortel ;

une jeune fille d’un petit village retiré de Galilée consent à porter Dieu en elle,
les premiers qui reçoivent l’annonce de la naissance et adorent sont les bergers, gens peu recommandables vivant hors de la ville,
les riches, bénis de Dieu selon l’Ancien Testament, finiront les mains vides,
et les pauvres et humbles auront les mains pleines,
Jésus, Dieu, Prince de la paix, finira abandonné de tous, mourant sur une croix…

Scandale pour toute personne qui réfléchit, folie de Dieu.

Mais fallait-il que Dieu aille jusque là pour sauver l’humanité ?
Dieu étant tout-puissant, il semble qu’un claquement de doigts aurait suffit !
Mais tout cela faisait et fait encore partie du plan de Dieu, de son dessein pour nous sauver.
Si Dieu s’incarne, devient l’un de nous, c’est :
– parce qu’il nous aime, et veut nous sauver à tout prix, « quoi qu’il lui en coûte » et ce coût est exorbitant… mais grâce à sa naissance, sa vie, sa Passion, sa résurrection, nous croyons que la souffrance, la trahison, la haine, la solitude, la mort n’ont pas et n’auront plus jamais le dernier mot ;
– et parce qu’il nous respecte tels qu’il nous a créés, libres : il nous propose un chemin de salut dans la foi, l’espérance et la charité ; croire qu’il est Dieu, Père, Fils et Esprit ; vivre de lui, Amour, et aimer sa création ; espérer avec patience son retour et pouvoir le contempler.

Laissons-nous éclairer par la lumière véritable qui illumine les ténèbres du péché et de la mort,
reconnaissons le Créateur de tout, dans cet homme qui ressemble à tout le monde,
recevons celui qui est chez lui partout, mais ne s’impose pas et attend qu’on l’invite,
croyons en son nom, Jésus, Christ, fils de l’homme, fils de Marie, Fils de Dieu, Seigneur, Sauveur,
ainsi, nous naissons de Dieu et devenons enfants de Dieu par grâce,

Ainsi : « à tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,
eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang,
ni d’une volonté charnelle,
ni d’une volonté d’homme :
ils sont nés de Dieu. » (Jn 1, 14)

 

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Dieu a visité son peuple

4ème dimanche de l’Avent – Année C

Lc 1, 39-45

Deux femmes enceintes se visitent : l’une âgée et l’autre toute jeune et pas encore mariée. Tout un symbole, où la vie jaillissante ne semble arrêtée par aucun obstacle ! Mais à quelques jours de Noël, ce qui nous est donné à contempler est surtout le mystère d’un Dieu qui vient visiter notre humanité. Cette visite pourrait passer inaperçue, comme le mouvement de l’enfant dans le ventre de sa mère. Il y a quelque chose d’intime, de discret dans cette visite de Dieu à chaque homme. Et pourtant, remplie de l’Esprit Saint, Elisabeth clame haut et fort sa joie, elle témoigne ainsi de la puissance du salut de Dieu qui est en train d’advenir pour elle mais également pour tout son peuple.

Tout est en germe, en gestation, mais le don de Dieu est là. Si nous savons l’accueillir, nous ne pourrons que nous émerveiller en reprenant les mots d’Elisabeth : « D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

Ce que le Seigneur a accompli il y a plus de deux mille ans en Palestine, Dieu peut l’accomplir en nos vies aujourd’hui. Le croyons-nous vraiment ?

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« Il vient, celui qui est plus fort que moi. »

3ème dimanche de l’Avent – Année C

Lc 3, 10-18

Si on en croit Jean-Baptiste dans l’Évangile de ce 3ème dimanche de l’Avent : vivre dans la justice est une bonne façon de se préparer à accueillir le Messie. Cela n’avait rien d’original pour un prophète, mais quand il s’agit d’accueillir Dieu lui-même, cela change la perspective.

Cela doit-il nous faire peur ? Oui, si nous écoutons le Précurseur.

Pourtant, là, vraisemblablement, il n’avait pas toute la lumière. Il est vrai que la venue d’un plus fort était imminente mais Jean-Baptiste ne pouvait imaginer comment se déploierait toute la puissance de Dieu en notre humanité.
Non, le Fort n’anéantirait pas ses ennemis. Il se laisserait même tuer par eux. Il accepterait ainsi, par amour pour nous, l’extrême faiblesse pour recevoir la force de la résurrection.
Oui, le Fort est venu et a accompli sa mission par le chemin de la faiblesse et de l’anéantissement. « Ma force se déploie dans ta faiblesse. »

Pas facile d’entendre que c’est notre chemin à nous aussi chrétiens en Église.

Peut-être cela sera-t-il plus facile en regardant la Vierge Marie – en la priant – elle, la toute petite qui a su suivre son Dieu et son Fils en son abaissement.

Alors, en quoi consiste la joie de ce dimanche, direz-vous ? Eh, bien c’est celle des petits qui savent tout attendre de Dieu jusqu’à l’impensable : Dieu, là avec nous, bébé dans une crèche entre l’âne et le bœuf.

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Préparez le chemin du Seigneur !

2ème dimanche de l’Avent – Année C

Lc 3, 1-6

Serait-ce une immense pièce de théâtre qui se prépare ?
En ouvrant l’évangile de Luc tout se met en place : Les lieux : la Judée, la Galilée, l’Iturée et la Traconitide et même l’Abilène, avec leurs chefs respectifs , de l’empereur Tibère César aux grands-Prêtres Hanne et Caïphe . Tous les hommes de pouvoir sont bien là. dans leur solidité, leur avidité, leurs calculs… mais en bordure du lieu principal qui lui, est … un désert !
Tout est statique, figé dans l’habitude des grands de ce monde, immuable dans sa force…alors quelque chose ébranle le désert : une voix, une simple voix, la voix de Jean le prophète : sa Parole vibre, traverse la région, et réveille ceux qui l’entendent : « préparez le chemin du Seigneur ». Attention aux bousculades !
Les sentiers tordus des idées stériles seront redressés, les ravins des « fake news »et des chutes attendues seront comblés, les montagnes des orgueilleux seront rabotées… et tout être vivant verra le Dieu qui sauve les humbles.
Ne manquons pas ce qui va se jouer avec nous, et pour nous : c’est le temps de l’Avent et nous préparons la venue du Seigneur dans notre monde, aujourd’hui.