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15ème Dimanche du TO - a

fr. Franck Guyen op

Dimanche 16 Juillet 2017

Math 13.1-9

Chères sœurs, chers amis, aujourd’hui , l’Évangile nous demande de comprendre la parole du Royaume.

Oui, la parole ne se trouve pas au-delà des mers, elle est à notre portée, toute vibrante et rayonnante. Quelle est cette parole que Jésus n’a cessé de prêcher à temps et à contre temps ? Ne serait-ce pas : « Le Royaume de Dieu est proche, convertissez-vous !» ?

En ce qui me concerne, la rencontre avec la parole a été vraiment une rencontre joyeuse. Je me rappelle comment je lisais les lettres de saint Paul dans le métro parisien en allant au travail. J’étais comme ébloui, il y avait une sorte de chaleur, de lumière qui donnait un sens incroyablement large et profond à ma vie ; la parole me faisait espérer que des choses merveilleuses pouvaient arriver dans ce monde, que l’amour était possible et que même il était plus fort que la mort. Elle me disait des choses fondamentales, celles qui font qu’on continue de se lever le matin.

Alors je lisais – ou plutôt je dévorais, comme une âme affamée qui a été privée trop longtemps de nourriture. Et six mois plus tard, je recevais le baptême dans l’Église catholique. C’était en 1986.

Maintenant, 31 années plus tard, je peux dire que la parole a toujours du goût pour moi. Je ne me lasse pas de l’entendre, de la méditer et de la prêcher. Quand je regarde en arrière, je me rends compte qu’elle n’a pas cessé de me demander d’entrer dans le tout de ma vie – avec autant d’insistance que de douceur -.

En l’épousant, je me suis aperçu qu’elle pouvait pénétrer, imprégner et transformer tous les compartiments de mon être.

– Cela a pris du temps pour moi, mais j’ai fini par comprendre qu’elle m’orientait, qu’elle me polarisait, dans une reprise de tout mon être – passé, présent et futur -. Elle m’orientait vers la bouche, le visage, le cœur, la personne dont elle était sortie : le Christ. J’ai compris qu’elle me configurait, qu’elle me conformait pas à pas, étape par étape, au mystère de mort et de vie qui se déploie à partir du Christ.

Ma conclusion. Pour moi, la parole du Royaume se dresse à l’autre bout de l’arc qui part de la parole dans Genèse. Cette parole, j’aurais tendance à la faire tenir dans une injonction en quatre lettres : « Vis ! ».

« Vis de ma vie ! ». Finalement, je figurerais volontiers la parole en forme de croix, celle qui a été gravée sur nos cœurs au baptême. Une forme de croix qui s’imprime toujours plus profondément. Comme une blessure qui ne se referme pas – et nous ne voulons pas qu’elle se referme – ; une blessure par laquelle la vie trinitaire vient nous irriguer.

Amen.